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RDC: Ilunga Ilukamba au boulot : un gouvernement de rupture avec le passé ?

Photo Guardia

 

Faisant suite aux gouvernements Gizenga, Muzito, matata,  Badibanga et Tshibala,  tous,  Premiers Ministres sous la houlette de Joseph Kabila Kabange,   Ilunga Ilunkamba vient grossir la liste  des Premiers Ministres sous la Troisième  République. Il est le  premier Premier Ministre à  l’issue de la première alternance pacifique  de notre pays trois mois après sa nomination et sept mois après l’investiture du Président Félix Tshisekedi Tshilomlbo. Les tractations ont été longues et difficiles pour parvenir à former ce gouvernement de coalition entre les plates-formes du président Tshisekedi et de l’ex-président Kabila qui a conservé la majorité au Parlement.

Coalisant,  les deux regroupements, le CACH et  le FCC   faisant un » heureux couple »,  ont pris sept mois pour faire des propositions au premier Ministre pour  constituer son équipe gouvernemental. Il est  composé de 65 Congolais  jugés conformes aux critères  de représentativité de toutes les provinces, du genre, de qualité et de quantité tels que définis par Félix-Antoine Tshisekedi, le Président de la République et Garant de la Nation Congolaise.

Du nouveau dans cette composition : les jeunes, les nouveaux c’est-à-dire ceux qui n’ont jamais participé au gouvernement et  la femme représentée  à hauteur de 17%   de femmes contre 83% d’hommes. Au total, 12 femmes sont nommées dans le premier gouvernement post-alternance.  La large présence des personnalités qui n’ont jamais été ministres (76,9%) est  La plus grande innovation au moment où les “revenants” détiennent 23,1% de fauteuils ministériels. S’il est vrai que ces figurent sont vraiment nouvelles, il n’en demeure pas moins qu’elles sont issues des regroupements  politiques qui ont perdu depuis longtemps leurs crédibilités dans l’opinion nationale et internationale. De plus, dans les habitudes des politiciens Congolais, ils sont souvent si pas généralement dépendant des personnes par lesquelles ils accèdent au pouvoir.  C’est le système séculaire qui a consacré l’impunité pendant  toutes ces années de l’existence du Congo partant de la deuxième République.

Est-il hors de question  de s’interroger si ce gouvernement qui s’affiche pléthorique et  budgétivore (Cinq millions de dollars  juste pour son installation) sera en mesure de faire face à tous les enjeux qui le sollicitent  en urgence et si l’intégration de ces  nouvelles personnalités  est d’office un certificat  de bonnes capacités de gestion au diapason de défier le sous-développement ?

Une demi-année de gestation avant la sortie le gouvernement ; ce temps languissant  a-t-il permis d’opérer le choix  judicieux sur des personnes  sensibles et flexibles  au changement  attendu par tous les Congolais ?  Sont –ils prêts  à être des serviteurs de  tous les Congolais et non de leurs autorités morales  et à  s’ engager dans une lutte acharnée  contre  la corruption, la concussion et  le détournement des derniers publics, ces maux devenus avec le temps des tests de compétence dans l’ arène politique Congolaise  ?

Si d’ une part, la représentativité est à saluer,  ce gouvernement tant attendu  vient-il  résoudre le problème de développement et lever l’équivoque d’un pays scandaleusement riche,  un grand réservoir minéralogique et géologique et pourtant où vit une population pauvre, humiliée et dupe ?

Quant aux défis, ils sont nombreux : sur le plan sécuritaire, la partie Est du pays attend que la paix et la sécurité soit vite rétablies ; sur la plan économique, les investisseurs étrangers  et les opérateurs économiques nationaux  appellent de tous leurs vœux  l’assainissement  du climat  des affaires ; sur le plan social, l’ amélioration du niveau de vie des Congolais est très attendue par tous alors que la vie politique doit quant à elle rompre  sans condition avec le passé sordide de l’ histoire de notre pays  et  certaines bêtises  politiques.

Louant  les caractéristiques de son équipe, Ilunga Ilunkamba, le chef  du gouvernement est convaincu de la conformité de la stature des membres du gouvernement à  la vision du Chef de l’Etat ; il se fixe  dans la direction du changement, a-t-il déclaré. Saura-t-il se défaire du vrai-faux mariage des deux regroupements politiques qui l’ont fabriqué ?

Certes, tous n’ont pas les mains propres ; tous n’ont pas la haute  moralité requise; tous n’ont pas la compétence ni l’expérience avérées, bref,  tous n’ont pas  répondu aux critères d’éligibilité fixés par le chef du gouvernement de connivence avec le garant de la Nation. Dans l’esprit de pardon (sous réserve), nous attendons d’eux le service patriotique en faveur du  peuple Congolais et non leur  dévotion à leurs autorités morales respectives ou moins encore le spectacle politicien dans le marathon pour l’enrichissement personnel et égoïste au détriment de la population.

MUKUNA

 

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