La RDC jette les bases de la stratégie sur les minerais stratégiques

La RDC jette les bases de la stratégie sur les minerais stratégiques

 Un atelier de réflexion consacré au projet de l’élaboration de la stratégie nationale sur les minerais stratégiques de la RDC s’est clôturé ce jeudi à Lubumbashi. Pendant trois jours, experts, représentants des institutions publiques et acteurs du secteur minier ont débattu des options fondamentales à intégrer dans ce futur document stratégique.

Les participants ont unanimement souligné la nécessité d’engager des réformes profondes.  En effet, la stratégie nationale devra répondre à la fois aux priorités de développement du pays et aux exigences du contexte international. Celui-ci est marqué par la transition énergétique et la course aux minerais critiques.

Vers une définition claire et évolutive des minerais stratégiques

Parmi les principales recommandations figure la définition claire des minerais stratégiques. Elle devra tenir compte des besoins nationaux et des réalités du marché mondial. Les participants proposent ainsi la création d’une commission nationale chargée d’évaluer régulièrement les minerais considérés comme stratégiques. Ils estiment en outre que le pays se dote d’une liste flexible et révisable selon l’évolution des enjeux économiques et géopolitiques.

Fiscalité : dissocier stratégie et pression fiscale

Les participants recommandent également au pays de dissocier le caractère stratégique des minerais et leur régime fiscal. Actuellement, tout minerai stratégique est soumis à une redevance minière de 10 % de la production. Cette mesure est jugée dissuasive pour les investisseurs. Elle est par ailleurs susceptible de favoriser la concurrence d’autres pays producteurs.

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Une coordination gouvernementale et une coopération renforcées

Autre option majeure : la mise en place d’une coordination interministérielle forte, pilotée par la Primature. Cette coordination devrait impliquer notamment les ministères des Mines, de l’Énergie, des PME et d’autres secteurs concernés. Elle aura pour mission d’assurer la cohérence des politiques publiques.

La future stratégie devra également s’inscrire dans la Vision minière africaine. Ainsi, la RDC doit s’aligner sur les instruments de l’Union africaine qui promeuvent la transformation  locale. L’objectif est qu’en RDC, l’on passe de la simple chaîne d’approvisionnement à une véritable chaîne de valeur, créatrice d’emplois et de richesses. Selon un des participants, la chaîne d’approvisionnement fait allusion à l’exportation des minerais. La chaîne de valeur par contre,  implique une transformation locale, dit-il.

Les participants ont aussi insisté sur l’importance de la coopération régionale. C’est le cas notamment du projet RDC-Zambie sur la production de batteries électriques. De plus, la stratégie nationale devrait permettre de connecter la RDC à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Par ailleurs, le développement du secteur de l’énergie est apparu comme un levier essentiel. Une défiscalisation ciblée du secteur énergétique pourrait encourager les investissements. De plus, elle pourrait améliorer la production et faciliter la transformation locale des minerais.

La rédaction de la stratégie attendue

À ce stade, le texte de la stratégie nationale n’est pas encore rédigé. Certains participants ont suggéré au gouvernement de recruter un consultant. Il sera chargé d’élaborer un premier projet de document, qui sera ensuite enrichi par des consultations élargies.

Pour sa part, Franck Fwamba, chargé de missions du ministre des Mines, a indiqué que l’ensemble des options levées lors de l’atelier doit être consolidé dans un document . Celui-ci sera présenté au ministre des Mines en vue des prochaines étapes. Il faut dire que cet atelier a été organisé par l’ong SARWA