RDC–Zambie : enjeux de la 14ᵉ session Défense et Sécurité

RDC–Zambie : enjeux de la 14ᵉ session Défense et Sécurité

La 14ᵉ session de la Commission permanente mixte Défense et Sécurité RDC-Zambie s’est ouverte ce mardi 13 janvier 2026 à Lubumbashi. Cette rencontre se tient dans un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant le long des principaux corridors commerciaux. C’est notamment dans les provinces du Haut Katanga , Lualaba et Tanganyika ainsi que sur la route Solwezi du côté zambien. 

Les axes routiers Kolwezi-Kasumbalesa et Mokambo sont vitaux pour l’économie du Haut-Katanga et du Lualaba. Ils le sont également pour le commerce transfrontalier RDC-Zambie. En effet, chaque jour, des dizaines de camions transportant du cuivre, du cobalt, des produits industriels et des biens de consommation passent par ces  routes. Que ce soit à l’importation ou à l’exportation.

Cependant, ces routes sont désormais la cible privilégiée de bandes criminelles organisées. Des cargaisons entières de cuivre sont interceptées et des camions sont détournés. Certains chauffeurs sont agressés, parfois violemment, voire mortellement. Il y a une semaine, la Fédération des entreprises du Congo, FEC, a  encore dénoncé l’insécurité chronique qui perturbe les chaînes logistiques et alourdit les coûts du transport.

Vols de cuivre : un trafic lucratif et structuré

Selon plusieurs acteurs du secteur minier et du transport, les attaques ne sont plus de simples actes isolés. Ce sont des réseaux bien organisés, capables de repérer les convois. Ensuite, ils neutralisent les chauffeurs et écoulent rapidement les minerais volés par des circuits parallèles.
Le cuivre, minerai très demandé sur le marché international, est devenu une cible de choix. Il alimente ainsi un trafic transfrontalier qui profite de la porosité des frontières et des failles dans la surveillance routière.

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La commission mixte RDC-Zambie face à l’urgence sécuritaire

C’est dans ce climat que se tiennent à Lubumbashi les travaux de la commission mixte RDC–Zambie. Ceux-ci sont codirigés par le général Jean Baelongandi Iteku, directeur de cabinet du vice-Premier ministre congolais en charge de l’Intérieur, et Makambo Haamaundu, secrétaire permanent au ministère zambien de la Défense.

Trois sous-commissions sont mises en place. Il s’agit notamment de la commission Sécurité publique, celle sur la Défense, enfin celle portant sur la Sécurité de l’État. Pendant quatre jours, ces commissions examinent les mécanismes de coopération renforcée pour sécuriser les frontières et les axes routiers transfrontaliers. En outre, elles vont échanger les renseignements et mener des opérations conjointes contre les réseaux criminels.

La semaine dernière, le ministre congolais de l’Intérieur et l’ambassadeur zambien en RDC ont échangé sur cette question. Ils ont discuté de la vague d’attaques ciblant les transporteurs zambiens et de la nécessité impérieuse de sécuriser l’axe routier Kolwezi-Kasumbalesa. Ainsi, pour Kinshasa comme pour Lusaka, la sécurisation des axes routiers et des corridors miniers est désormais une priorité stratégique. En effet, au-delà des pertes humaines, chaque camion attaqué, chaque cargaison volée représente un manque à gagner pour l’État. De plus, cette criminalité fragilise les entreprises et constitue un coup dur pour l’image de la région auprès des investisseurs.

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Vers des mesures concrètes ?

Les travaux de la 14ᵉ session devraient aboutir à des résolutions communes. Elles devraient  d’abord porter sur le renforcement de la sécurisation des routes. Ensuite les deux pays devraient s’engager à intensifier les patrouilles mixtes et démanteler les réseaux criminels.

Des sources du gouvernorat de province indiquent que le Haut-Katanga veut renforcer le charroi automobile de la police. De nouvelles Jeep de patrouille sur les routes devraient lui être remises très bientôt.