Suspension de l’exploitation sur une partie de la mine de Tulizembe

Suspension de l’exploitation sur une partie de la mine de Tulizembe

Le service d’assistance et d’encadrement des exploitants artisanaux, SAEMAP, décide de suspendre l’exploitation sur une partie du site minier artisanal de Tulizembe. La décision a été prise à la suite d’un effondrement survenu entre le 6 et le 7 février. Cet accident a coûté la vie à 12 exploitants artisanaux.

Selon le rapport dressé par la direction provinciale du SAEMAP Kolwezi, plusieurs causes sont à la base du dernier accident à la mine de Tulizembe. En effet, des exploitants artisanaux ont fait une intrusion nocturne dans la mine, violant ainsi les règles de sécurité. En outre, le glissement de terre accompagné de roches s’est produit au-dessus du bassin 2. Et pourtant on y observe la montée des eaux d’exhaure depuis 8 mois, témoigne un creuseur.

Par ailleurs le SAEMAP pointe du doigt la défaillance de la sécurité de la coopérative COMIBAKAT. C’est elle qui gère le site minier artisanal de Tulizembe. Elle bénéficie de l’appui technique et financier de la société Thomas Mining.

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Suspension des activités sur le lieu du drame

Le SAEMAP déplore les pertes en vies humaines sur les sites miniers artisanaux. De ce fait, ce service public a ordonné la suspension avec effet immédiat de l’exploitation minière dans cette zone à risque. Cette décision restera d’application jusqu’à ce que le site soit aménagé. En outre, dans son rapport circonstanciel, il propose une évaluation technique de toutes les zones instables du site de Tulizembe.

Par ailleurs, la SAEMAP recommande à la coopérative COMIBAKAT le renforcement de la sécurité du site. Les exploitants artisanaux s’introduisent nuitamment dans le site minier avec généralement la complicité des agents de sécurité, déplore ce service public. Et au-delà de la mine de Tulizembe, SAEMAP entend mener un audit de tous les sites miniers artisanaux à haut risque dans le Lualaba.

20 morts à Tulizembe en deux ans

Depuis 2024, le site de Tulizembe a enregistré trois accidents mortels dans les mêmes circonstances. En effet, en avril 2024, 8 creuseurs sont morts ensevelis du côté du bassin 2 de cette mine. Ensuite, en juin, 9 autres creuseurs ont perdu la vie dans un éboulement. Et dans la nuit du 6 au 7 février, le site a encore enregistré 11 décès. La douzième victime est un creuseur blessé qui a succombé à l’hôpital.

 

Pour l’ONG IPDHOR basée à Kolwezi, « il est inacceptable que l’ampleur de ces dégats humains ne soit pas suivie des mesures préventives et visibles. » Dans son communiqué de ce 9 février, cette organisation interpelle aussi les services publics. « La répétition de ces tragédies traduit un déficit grave de contrôle, de suivi et de diligence. »

Tulizembe est une mine à ciel ouvert qui accueille près de 10 000 creuseurs artisanaux. Avec son partenaire Thomas Mining, la coopérative exploite du cuivre avec des engins. Ce qui fragilise le sol des espaces exploités manuellement par certains creuseurs, déplore pour sa part Thomithé Mbuya, directeur de Justicia ASBL.