Kolwezi- pollution minière : 4 cas de saignements du nez à Dilungu
Le quartier Dilungu à Kolwezi fait toujours face à ce qu’il qualifie de pollution minière. Elle serait provoquée par les activités de Ruashi Mining. Quatre cas de saignement du nez chez des enfants sont rapportés par l’IBGDH. Les résidents de cette zone de Kolwezi sont impuissants face à la détérioration de leur santé.
Le dernier cas de saignement du nez a été rapporté samedi 14 février. Un enfant d’une dizaine d’années a d’abord manifesté des difficultés respiratoires. Sa famille vit à moins de 500 mètres de l’usine de l’entreprise chinoise Ruashi Mining. Ensuite, la fillette a commencé à saigner abondamment du nez. Pour Alexandre Korika, son papa, l’état de santé de sa fillette se déteriore à cause de la pollution minière de Raushi Mining.
» Tous mes trois enfants de 3,6 et 10 ans saignent du nez. On avait jamais observé cela sur eux. Cependant, depuis que l’usine de Ruashi mining est opérationnelle, elle dégage une fumée qui fait mal aux yeux et à la gorge. «
Alexandre Korika indique par ailleurs que l’état de santé de la fillette de 10 ans est plus inquiétant. » La nuit, nous restons debout pour la surveiller. Ce matin, nous l’avons conduit à l’hôpital pour des examens plus approfondis. » Ce parent a même décidé d’envoyer cette enfant dans une famille loin du périmètre de Ruashi mining afin de la protéger.
Des témoignages indiquent que d’autres cas sont enregistrés dans le périmètre autour de la mine de Mutoshi . Ce sont surtout des enfants de moins de dix ans qui sont victimes de saignements de nez répétés. En effet, depuis trois mois, les résidents des quartiers voisins de Ruashi Mining se plaignent de la mauvaise qualité de l’air.
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Des commissions d’enquête pour des résultats toujours attendus
Ces derniers mois, les riverains de l’usine de Ruashi Mining à Mutoshi ont plusieurs fois alerté sur la pollution de l’air. Ils ont même adressé une correspondance aux autorités provinciales dans laquelle ils décrivent leur calvaire. Ces plaintes ont, en outre, été relayées par des organisations de la société civile à Kolwezi, dont l’IBGDH.
De ce fait, le gouvernement provincial du Lualaba, en partenariat avec Ruashi Mining, a mis en place une commission d’enquête sur ce cas de pollution minière. La société Ruashi Mining s’en tient aux résultats de cette enquête, indique Freddy Mande, chargé de communication.
« Une commission mixte a été dépêchée sur le terrain afin de s’enquérir de la situation. Elle va procéder aux prélèvements des échantillons. Ce sont les conclusions et les recommandations issues de ce processus qui permettront d’affirmer ou d’infirmer les accusations portées par la communauté de Dilungu. »
Par ailleurs, une autre commission d’enquête a été instituée par la ministre de l’Environnement lors de sa récente mission à Kolwezi. Jusqu’à présent, aucune de ces commissions n’a rendu public les résultats de l’enquête. Les familles victimes de cette présumée pollution minière se disent inquiètes face à l’urgence sanitaire.
Défaillance de l’Etat ?
L’ong IBGD déplore une impuissance de l’État au regard des violations des droits humains. Elle dénonce en outre »une passivité coupable face à une multinationale qui semble ignorer les standards environnementaux les plus élémentaires. »
Cette organisation appelle à la suspension immédiate de l’exploitation minière par Ruashi Mining. Une décision qui doit rester d’application jusqu’à la mise en place de mesures de protection réelles et véritables de la population. L’IBGDH appelle enfin à une expertise médicale indépendante. Celle-ci devra évaluer l’impact réel des activités minières de Ruashi Mining, sur la santé des habitants de Dilungu.

