Kipushi : LINAPEDHO exige une enquête après un décès à l’ANR

Kipushi : LINAPEDHO exige une enquête après un décès  à l’ANR

Ce lundi 23 février 2026 à Kipushi, dans la province du Haut-Katanga, l’émotion est vive après le décès suspect de M. Banza, détenu depuis une semaine dans les locaux de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR). La Ligue Nationale Paysanne des Droits de l’Homme (LINAPEDHO) hausse le ton. Elle exige l’ouverture immédiate d’une enquête afin d’ établir les responsabilités. La structure dénonce également des arrestations arbitraires.

Dans un communiqué publié ce lundi, le coordonnateur provincial de la LINAPEDHO, Michel Kasongo Mujike, qualifie l’affaire de grave. Il adopte un ton ferme. « Il faut toute la lumière. En outre ,il faut établir des responsabilités », insiste-t-il. Selon l’ONG, cette affaire ne constitue pas un simple incident. Elle illustre un cas emblématique d’arrestation arbitraire et de détention illégale.

Tout commence le 16 février 2026. Des agents interpellent M. Banza pour une dette civile de 65 000 francs congolais. Il aurait emprunté cette somme à un certain Kasongo pour entreprendre l’extraction de graviers dans une carrière de Kipushi. Antoine Mwape, membre de la LINAPEDHO qui suit de près le dossier, fournit ces précisions.
Selon le communiqué, les agents conduisent d’abord Banza dans un poste de la Police Nationale Congolaise (PNC). Après vérification, les policiers ne retiennent aucune infraction pénale contre lui. Deux jours plus tard, ils le relâchent. L’affaire semble alors close.

Pourtant, à sa sortie, des agents de l’ANR l’attendent. Ils l’arrêtent de nouveau. Ils l’emmènent à Makulo, village situé à environ un kilomètre de Sambwa, dans la chefferie Shindaika. Là, ils le placent en détention sans procédure judiciaire régulière, affirme la LINAPEDHO. Toutefois, d’autres sources à Kipushi soutiennent que les agents n’ont jamais conduit Banza à la police le 16 février. Selon elles, ils l’ont amené directement à l’ANR, où ils l’ont gardé pendant une semaine.

 Des zones d’ombres

Les jours passent. La famille s’inquiète. Les services concernés livrent peu d’informations. Puis, le samedi 21 février, les autorités annoncent le décès de M. Banza en détention. Les circonstances restent floues.
Des sources hospitalières citées dans le communiqué affirment que des agents transportent le corps de nuit au centre de santé Ma Gloire. Ils y arrivent avec un corps déjà sans vie. Ce lundi, des membres de la LINAPEDHO présents sur le terrain indiquent que le corps se trouve à une nouvelle morgue située à Kamasaka, à Lubumbashi. « Sur le terrain, nous n’avons pas vu le corps pour vérifier d’éventuelles traces de torture. Nous avons constaté son transfert à la morgue », déclarent-ils.

Pour la LINAPEDHO, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Les agents ont d’abord détenu un homme pour une fait de droit civile. Ensuite, ils l’ont transféré d’un service à un autre sans base légale claire. Enfin, il est mort dans un cachot de l’ANR. L’ONG soupçonne une possible tentative de dissimulation.
Elle exige donc une enquête indépendante, impartiale et transparente. Ensuite, elle demande la suspension immédiate des agents soupçonnés d’être à la base du décès. Elle réclame surtout leur arrestation si les faits sont établis. « Personne n’est au-dessus de la loi », martèle le coordonnateur.

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À Kipushi, cette affaire provoque colère et inquiétude. Les défenseurs des droits humains redoutent un climat de peur. La LINAPEDHO promet de suivre le dossier jusqu’au bout. Pour la famille endeuillée, l’attente d’explications ne fait que commencer. Banza laisse une veuve et huit orphelins.