Haut-Katanga : la route agricole de Sambwa en état d’impraticabilité
Les usagers de la route agricole sambwa à 30 kilomètres de Lubumbashi dresse un constat amer. Cette route s’enfonce dans la boue. Des crevasses barrent la chaussée. Des flaques d’eau stagnent après chaque pluie. Les ravins s’élargissent. La circulation devient incertaine.
Cet axe est pourtant vital. Une grande partie des légumes vendus à Lubumbashi provient de Sambwa et des villages voisins. Chaque jour, choux, tomates et oignons passent par cette route. Mais le trajet se complique.
Les usagers dénoncent une situation intenable. « Nous souffrons énormément. Les véhicules refusent souvent de venir jusqu’ici », témoigne Jeannette Demzi, habitante de Kinkalabwamba. « Nous avons tant crié pour que cette route soit arrangée. Mais c’est toujours sans suite favorable. »
Même inquiétude chez Swaze Pundu, maraîchère. « Nous produisons beaucoup. Mais la route délabrée nous bloque. En saison de pluie, les clients de Lubumbashi ont peur d’arriver ici. Même ceux qui viennent sont confrontés aux bourbiers », explique-t-elle.
Des usagers peinent
Sur le terrain, les motos ont pris le relais. Un jeune motard transporte plus de 100 kilos par course. « Je gagne environ 30.000 francs congolais par trajet. Mais la route est très délabrée. Il y a des petits ravins en pleine chaussée », confie-t-il.Un autre conducteur nuance. « C’est vrai que la route est délabrée. Mais nous, les motards, nous en profitons. Les taxis hésitent à venir. Ça nous donne plus de marchés », reconnaît-il. Avant d’ajouter : « Si la route est réhabilitée, nos clients seront partagés avec les chauffeurs.»
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Face aux critiques, le directeur provincial de l’Office des voies de desserte agricole admet les difficultés. « La détérioration des routes de desserte agricole est générale dans la province. » Hector Mbuyu indique que le manque de financement régulier complique leur action.» Il évoque aussi un problème technique. « Certaines routes ont été construites sans système de drainage adapté. Lorsqu’il pleut, les eaux stagnent et détruisent la chaussée. Nous avons introduit un projet de réhabilitation de 30 à 50 kilomètres par an. Nous attendons les moyens pour le mettre en œuvre. »
En attendant, à Sambwa, la route continue de se creuser. Et avec elle, le sentiment d’abandon s’installe au sein de la population.

