Programme sino-congolais : l’usine de captage d’eau de Kamina financée qu’à 21 %

Programme sino-congolais : l’usine de captage d’eau de Kamina financée qu’à 21 %

Plus d’une année après la date prévue pour la fin des travaux, l’usine de captage d’eau sur la rivière Lovoi à Kamina, dans la province du Haut-Lomami, n’affiche qu’un taux d’exécution physique de 12 %. Selon une évaluation réalisée en octobre 2025 par l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), le financement n’atteint, lui, que 21 %. Ce projet dans le cadre du programme sino-congolais dont l’avenant 5 a été signé en 2024. Un contraste frappant pour un chantier qui devait être livré en août 2025.

Selon l’agence congolaise des grands travaux, ACGT, le projet lancé en août 2024 avait une durée de 12 mois. Les autorités ambitionnaient ainsi de doter Kamina d’une usine moderne de captage et de traitement d’eau. Concrètement, le projet vise à capter et traiter l’eau de la rivière Lovoi afin d’approvisionner la population en eau potable. L’objectif reste clair,  améliorer l’accès à l’eau, garantir une quantité suffisante et réduire les maladies hydriques.

Par ailleurs, le budget estimatif s’élève à 3 901 207,42 USD. Le financement provient du programme sino-congolais. Le ministère des Infrastructures et Travaux publics assure la maîtrise d’ouvrage. L’Agence Congolaise des Grands Travaux agit comme maître d’ouvrage délégué et supervise également le contrôle. L’entreprise SISC.SA exécute les travaux.

D’après l’ACGT, l’évaluation du projet datant d’octobre 2025 indique que seuls 12 % des travaux physiques sont réalisés. En parallèle, le décaissement financier par le programme sino-congolais n’atteint que 21 %, principalement sous forme d’avance. Plus d’un an après le lancement, moins d’un tiers du budget a donc été mobilisé.

 

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Un chantier à l’arrêt, des interrogations persistantes

Sur le rapport d’évaluation de l’ACGT publié sur son site internet, le projet prévoit l’aménagement du site de captage, l’installation d’équipements, la construction de bassins de décantation, de filtration et d’aération. Deux bassins d’eau traitée doivent voir le jour. S’ajoutent des chambres de pompage, un système de mise sous pression, la tuyauterie, l’alimentation électrique, des bâtiments administratifs ainsi qu’une salle d’injection pour le traitement chimique.

Cependant, sur le terrain, le constat soulève des questions. Hyppolite Kalenga, habitant de Kamina, affirme que le projet aurait débuté bien avant 2024. Selon lui, la construction de l’usine était quasiment achevée en 2022. Ensuite, les équipes travaillaient sur la canalisation destinée à accueillir les tuyaux reliant l’usine, le château d’eau et la cité. Cette tuyauterie doit couvrir une distance de près de 10 km. « L’eau coule déjà au robinet installé au niveau de l’usine », assure-t-il.
Depuis lors, les travaux se sont arrêtés, ajoute-t-il. Aucun tuyau n’a été placé. Sur le site, le calme domine. « Nous ne savons pas les raisons de l’arrêt des travaux. Est-ce un manque de financement ? Personne ne sait », déplore-t-il. Néanmoins, notre source affirme que récemment, un groupe de Chinois a visité le chantier pour évaluer l’état d’avancement.

De son côté, une autre source de la société civile à Kamina dit avoir constaté, mardi 24 février dans la soirée, la présence de tranchées déjà creusées. Mais les tuyaux ne sont pas encore posés. « Nous attendions beaucoup de cette usine. Mais jusqu’ici, nous ne voyons presque rien sur le site », confie Deta Kalenga ,acteur de la société civile locale.

Des problèmes d’eau à Kamina

Entre-temps, la pénurie d’eau persiste à Kamina. Plusieurs quartiers restent privés d’un accès régulier à l’eau potable. Deta Kalenga dit que dans plusieurs quartiers, l’eau de la Regideso coule rarement, parfois une à deux fois après 2 mois.

Pendant ce temps, les habitants se tournent vers des sources alternatives, parfois insalubres. C’est notamment des puits traditionnels ou de forage, d’autres recourent à l’eau des sources ou celle des rivières. Des sources à Kamina déplorent le retard enregistré dans l’exécution du projet de l’adduction d’eau car les travaux durent depuis bientôt 8 ans.