RDC : violence à la maternité, les ONG réclament des réformes

RDC : violence à la maternité, les ONG réclament des réformes

Après la violence subie par Dorcas Mulema dans un établissement de santé, à Kinshasa , la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées (CGND), le mouvement Youth Sprint et le réseaux des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive appellent à des réformes structurelles durables. Ces organisations non gouvernementales ont reagis dans  un communiqué publié ce mercredi 01 avril 2026.

Les faits remontent au 25 mars 2026, à l’hôpital général de référence de Kinkole, dans l’est de Kinshasa. Selon plusieurs sources concordantes, dont Actualite.cd, la patiente, Dorcas Mulema, a été victime de violences lors d’une intervention après son accouchement

D’après les images devenues virales et largement relayées, le médecin, identifié comme David Balanganayi, a asséné plusieurs coups et gifles à la jeune femme, alors qu’elle se trouvait allongée sur un lit, en situation de vulnérabilité. Il l’aurait également saisie de force pendant l’intervention, sans consentement, sous prétexte de maîtriser une hémorragie post-partum.

Dorcas n’est pas la première à subir ces genres de violence à la maternité. Il y a d’autre femmes qui ont aussi connaît de cas de violences qui ne sont pas corporel,  mais parfois verbales. C’est par exemple Fifi Masengo. Celle-ci témoigne avoir était maltraité par la sage femme qui l’avait assisté lors de l’accouchement de son deuxième enfant en 1996.  » J’avais des fortes douleurs et je criais. La sage femme m’avait beaucoup insulté pendant tout le travail. Maintenant sur la technique, la sage femme me faisait de grimaces comme si elle voulais me giflé. Ces gestes étaient accompagnés des insultes. « 

Les cas de maltraitance des accouché sont légion. Virginie Mpmbo dit avoir reçu quelques fessé lors de la naissance de son fils aîné et des paroles meprisantes en 2001.

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Réaction des ONG

Dans leurs communiqué, les organisations estiment que l’émotion suscitée par les images de Dorcas doit laisser place à une analyse de fond. Ensuite, elles soulignent que ces violences, obstétricales et gynécologiques, ne sont ni isolées ni accidentelles. Au contraire, elles traduisent, selon elles, des dysfonctionnements profonds du système de soins en République démocratique du Congo.
Par ailleurs, le communiqué pointe des rapports de pouvoir inégalitaires, une faible prise en compte des droits humains et une banalisation des atteintes à la dignité des femmes. De ce fait, la confiance envers les structures de santé reste fragile.
Toutefois, les signataires du communiqué reconnaissent les avancées enregistrées ces dernières années. Ils citent notamment la mise en œuvre progressive du Protocole de Maputo et les engagements officiels contre les violences basées sur le genre. Néanmoins, ils jugent l’écart encore important entre les textes et la réalité sur le terrain.
« Le moment est venu d’aller au-delà des condamnations ponctuelles et d’engager des réformes structurelles, coordonnées et mesurables », déclarent-ils.

Ainsi, les organisations demandent l’intégration de la prévention des violences dans les politiques de santé. Elles appellent aussi à renforcer la formation des personnels médicaux sur les droits humains et le consentement. En outre, elles plaident pour des mécanismes de plainte sûrs et accessibles.
Enfin, elles recommandent l’inclusion des soins de santé sexuelle et reproductive dans la couverture sanitaire universelle. Elles invitent également le Parlement à accélérer les réformes législatives.
En conclusion, les ONG réaffirment leur engagement aux côtés des autorités. Elles insistent sur la nécessité d’une vigilance constante pour protéger les droits des femmes.