Mines: les impacts socio-environnementaux au centre des discussions

Mines: les impacts socio-environnementaux au centre des discussions

Ouverture ce vendredi de l’atelier organisé par la Fondation Konrad Adenauer (KAS) dans la ville de Lubumbashi. Pendant deux jours, soit du 10 au 11 avril, cette rencontre a réunit plusieurs acteurs autour du thème  » les impacts socio-environnementaux de l’exploitation minière dans la province du Haut-Katanga. » Ensemble ils ont évaluer les impacts et formuler des recommandations concrètes. 

En effet, cette rencontre vise à rapprocher les institutions publiques, les experts et les citoyens. L’ambition est double. D’une part, analyser les pratiques minières actuelles. D’autre part, renforcer le contrôle citoyen et améliorer la gouvernance environnementale.

Dans son mot d’ouverture, le représentant résidant de la KAS en RDC, Timu Roujean, le ton a été donné. Il a rappelé les enjeux majeurs liés à l’exploitation minière dans la région. « Il est grand temps d’une réflexion approfondie sur les pratiques courantes et la législation minière », a-t-il déclaré devant l’assemblée. Avant d’ajouter que la gestion minière doit intégrer les besoins des générations futures.

Ensuite, il a appuyé son propos par des chiffres marquants. Depuis 2016, la production de cuivre a triplé dans la région. Par ailleurs, celle du cobalt a plus que doublé, atteignant environ 140 000 tonnes par an. Des performances économiques importantes. Mais derrière ces chiffres, des réalités préoccupantes persistent.

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Un diagnostic préoccupant et des pistes de solutions

Poursuivant son intervention, Timu Roujean a évoqué plusieurs incidents récents. Notamment, l’effondrement d’un bassin de rétention d’eaux usées ayant affecté le système fluvial de Lubumbashi. Il a également cité des cas de pollution à Kipushi et dans le Lualaba. « Les populations vivent parfois sur des sols contaminés, exposées à des maladies chroniques », a-t-il alerté.

Dans la foulée, les travaux ont été marqués par une série d’exposés animés par quatre intervenants. Dickson Kabange, expert en environnement et développement durable, a ouvert les échanges avec un thème sur le cadre législatif et réglementaire en matière environnementale dans le secteur minier en RDC. Il a mis en lumière les failles dans l’application des lois existantes.

Par la suite, Freud Malu, membre de l’ONG CENADEP, a abordé les pratiques d’exploitation minière, tant industrielle qu’artisanale. Il a dénoncé le non-respect récurrent des normes environnementales. De son côté, Jean Félix Tamala, acteur de la société civile, a dressé un tableau des impacts socio-environnementaux dans le Haut-Katanga. Enfin, le professeur Marcelin Ntambwe a centré son intervention sur les conséquences sanitaires liées à la violation des normes.

Les discussions ont révélé des préoccupations majeures. D’abord, la pollution des rivières et la dégradation des sols. Ensuite, la baisse des ressources halieutiques, affectant la sécurité alimentaire. Par ailleurs, des maladies respiratoires et des malformations ont été signalées dans certaines zones minières. À cela s’ajoutent les déplacements de populations et les tensions sociales autour de l’accès aux sites miniers.

Au cœur des débats, plusieurs questions ont émergé. Pourquoi les normes environnementales ne sont-elles pas respectées malgré un cadre légal existant ? Où se situe la responsabilité de l’État ? Et surtout, comment renforcer les mécanismes de contrôle et de suivi ?

Amélioration de la gouvernance

Dans ce contexte, la KAS entend jouer un rôle de facilitateur. « L’objectif est de développer des recommandations pour améliorer la gestion environnementale dans le secteur minier », a expliqué Timu Roujean. Il a également précisé que ces propositions seront soumises aux services compétents de l’État.

Enfin, les participants ont insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux. Des groupes de travail ont été constitués pour formuler des pistes d’action. La société civile, quant à elle, se positionne comme un acteur clé du contrôle citoyen.

Disons qu’à l’issue de cette première journée, un constat s’impose. Le Haut-Katanga, riche en ressources minières, fait face à des défis majeurs. Entre opportunités économiques et coûts sociaux, l’équilibre reste fragile. Reste à savoir si les recommandations issues de cet atelier permettront d’amorcer un véritable changement.

Parmi les participants figurent des représentants de la société civile, des divisions des Mines, de l’Agriculture, Pêche et Élevage, des services de l’environnement ainsi que des professionnels des médias.