Zinc : en RDC, les exportations changent d’échelle 

Zinc : en RDC, les exportations changent d’échelle 

Le zinc est en train de prendre une nouvelle place dans le paysage minier congolais. Au premier semestre 2026, la RDC a exporté plus de 112 000 tonnes de zinc contenu. Une progression spectaculaire, que la CTCPM relie directement à l’entrée en exploitation du projet KICO.

Le changement est net. Entre 2022 et 2024, les exportations de zinc au premier semestre étaient encore marginales. Elles ont dépassé 90 000 tonnes en 2025. Six mois plus tard, elles franchissent déjà la barre des 110 000 tonnes.

Derrière cette hausse, un acteur occupe une place centrale : Kipushi Corporation, KICO. Sur les 112 206,22 tonnes de zinc contenu exportées entre janvier et juin, KICO en représente 108 323,28 tonnes, soit 97 %. La STL compte pour les 3 % restants, avec 3 882,94 tonnes.

La CTCPM relève aussi un contexte international moins simple. Le marché reste marqué par une tension sur l’approvisionnement en concentrés. Dans le même temps, les coûts de l’électricité, des réactifs et de la logistique ont augmenté depuis 2024. La demande de zinc métal reste, elle, relativement faible en Chine et en Europe.

Pour la RDC, le changement est néanmoins important. En quelques années, le zinc est passé d’un produit minier encore discret à une exportation de plus de 112 000 tonnes de métal contenu sur six mois.

Un marché mondial mieux valorisé

Cette progression intervient aussi dans un contexte de hausse des cours. Selon les données du Fonds monétaire international, le prix mondial de référence du zinc est passé d’une moyenne de 3 163 dollars la tonne au quatrième trimestre 2025 à 3 238 dollars au premier trimestre 2026, puis à 3 457 dollars au deuxième trimestre.

Sur l’ensemble du premier semestre, cela représente donc une moyenne d’environ 3 347 dollars la tonne, en calculant la moyenne des deux trimestres. Ce chiffre constitue toutefois un repère international. Il ne correspond pas nécessairement au prix effectivement obtenu pour chaque cargaison congolaise.

Pour la RDC, l’enjeu est donc double. D’un côté, les volumes exportés progressent rapidement. De l’autre, le marché international offre un contexte de prix plus favorable qu’en 2025.

Pour l’instant, les chiffres montrent surtout une forte concentration. Avec 97 % du zinc contenu exporté au premier semestre, KICO porte presque à elle seule le changement d’échelle observé dans les statistiques congolaises.Un changement d’échelle qui mérite désormais d’être suivi dans la durée