Quel  héritage ont-ils légué pour construire la RDC ? : Patrice Emery Lumumba

Quel  héritage ont-ils légué pour construire la RDC ? : Patrice Emery Lumumba

En cette période de commémoration des héros nationaux, une question s’impose : quel héritage Patrice Emery Lumumba a-t-il réellement laissé à la République démocratique du Congo ?
En janvier 1961, l’annonce de son assassinat provoque une émotion mondiale. Cependant, cette onde de choc survient après une intense campagne de diabolisation. Une campagne menée par les forces impérialistes et néocoloniales. Pour ces acteurs, Lumumba représentait un danger. Il incarnait un obstacle majeur à l’installation d’un système néocolonial au Congo, fraîchement indépendant.
À l’opposé, pour les peuples progressistes et les nationalistes congolais, Lumumba était un symbole. Un symbole de courage. Un symbole de rupture. Son discours anticolonialiste direct et sans compromis portait l’espoir d’une souveraineté réelle. Son assassinat suscite alors colère, tristesse et indignation.
Pourtant, après ce drame, deux dynamiques se dessinent. D’un côté, la communauté progressiste internationale érige Lumumba en icône de la lutte pour la liberté des peuples. De l’autre, au Congo, la continuité de son combat reste fragile. Certes, le flambeau est repris. Mais il demeure confiné au discours politique. Rarement, il se traduit en actions structurantes et durables.

Un héritage politique intact

Aujourd’hui encore, l’héritage de Lumumba reste intact. Il se résume en une exigence centrale : la liberté, l’indépendance et la souveraineté des peuples. C’est cette force idéologique qui explique son empreinte durable dans l’histoire nationale. Et ce, malgré un passage de seulement trois mois à la tête du premier gouvernement congolais.
Lumumba était avant tout un homme du peuple. Né au Congo belge, il mène une vie simple. Il est marié et père de famille. Comme beaucoup d’« évolués » de son époque, il est formé dans les écoles coloniales. Ces écoles visaient un objectif clair : produire des auxiliaires loyaux au système colonial.

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Ainsi, tout semblait le destiner à l’assimilation. Pourtant, un événement change radicalement sa trajectoire. Sa participation à la Conférence du Rassemblement des peuples africains à Accra marque un tournant. Sa rencontre avec Kwame N’Krumah bouleverse sa vision politique.
De retour au pays, le changement est visible. Lors d’un meeting à Kalamu, à Kinshasa, Lumumba affirme :
« L’Afrique est irrésistiblement engagée dans une lutte sans merci contre le colonialisme et l’impérialisme. »
Dès lors, son combat s’inscrit dans une perspective panafricaine. La conférence d’Accra agit comme une libération intellectuelle. La rupture avec l’idéologie coloniale est consommée.

Une leçon pour aujourd’hui et demain

 

Le parcours de Lumumba est une leçon. Il montre que la transformation est possible. Il prouve que l’homme, animé par la justice, peut se réinventer. Son combat reposait sur des principes clairs : l’égalité des citoyens, les droits fondamentaux, la justice sociale et la liberté.
Enfin, le contexte d’hier n’est pas si éloigné de celui d’aujourd’hui. Les acteurs ont changé. Mais les défis persistent. Inégalités devant la loi. Injustices distributives. Domination impérialiste, parfois dissimulée. Toutefois, l’héritage de Lumumba rappelle une vérité essentielle : le changement reste possible. À condition de bâtir un État unitaire, souverain et au-delà des clivages ethniques.

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