Saisie lionceaux blancs: le TGI de Lubumbashi acquitte les accusés
Le tribunal des Grandes Instances de Lubumbashi a acquitté les trois prévenus jugés pour leur implication dans le trafic illicite des lionceaux blancs. Il s’agit de Loty Tecxera Desuza, Seydou Nzala Dumbia et Venance Baraka Kalinda. Ce jugement a été prononcé le 26 novembre 2025. C’était au cours de l’audience publique organisée à la prison centrale de la Kasapa. Ainsi, ces lionceaux seront aussi rapatriés en Afrique du Sud, leur pays d’origine.
En effet, ce procès opposait le ministère public à l’Institut congolais pour la conservation de la nature, ICCN, et à trois prévenus poursuivis pour l’infraction du trafic illicite des espèces protégées.
Pour rappel, au mois d’août 2025, ce réseau organisé de trafic illicite de lionceaux blancs a été démantelé par l’ONG Conserv Congo en collaboration avec des structures étatiques de la place. Ces lionceaux ont été importés en Afrique. Ils étaient destinés à être vendus sur le marché noir. Pourtant, ces animaux sont entièrement protégés et leur détention et commercialisation sont strictement interdites par les lois nationales. Notamment la loi 14/003 modifiée le 24/02/20 et les régulations internationales CITES.
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Toutefois, le Tribunal de grande instance a décidé d’acquitter les prévenus malgré les faits mis à leur charge. Le tribunal a également confisqué les 3 lionceaux blancs qu’il a mis à la disposition de l’ICCN. Ainsi, l’Institut national pour la conservation de la nature se chargera de retourner ces 3 lionceaux blancs en Afrique du Sud, leur pays d’origine.
Un jugement controversé
Le jugement rendu par le tribunal de grande instance de Lubumbashi ne fait pas l’unanimité. De ce fait, l’ONG Conserv Congo exprime sa profonde indignation et son désarroi face à ce jugement. « Nous devons souligner avec force que cette décision constitue un véritable déni de justice », s’indigne le responsable de Conserv Congo. Il l’a fait savoir dans une lettre ouverte aux Congolais et aux structures internationales. Et de poursuivre : « Cette décision protège les criminels. Elle décourage les acteurs intègres sur le terrain et fragilise la crédibilité de notre système judiciaire devant le monde. »
Un jugement émaillé de corruption ?
Dans sa lettre ouverte du 27 novembre 2025, Conserv Congo dit avoir été sollicité à plusieurs reprises pour accepter des pots-de-vin. « Nous avons refusé catégoriquement cette sollicitation », peut-on lire dans ce document. Cette structure indique qu’« accepter de tels arrangements aurait violé nos valeurs et notre mission. Cela encouragerait aussi l’impunité des trafiquants. Ça affaiblit le système judiciaire et la protection des espèces. »
Il sied de noter que Conserv Congo promet de faire appel de cette décision en utilisant toutes les voies légales.

