RDC : l’échec de l’accord de paix a réuni le Conseil de sécurité

RDC : l’échec de l’accord de paix a réuni le Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni sur la situation en RDC ce vendredi 12 décembre à New York. Malgré la signature de l’accord de paix, au front, l’escalade s’intensifie et la rébellion du M23 continue d’élargir son influence. Les États-Unis accusent le Rwanda de mener la région vers la guerre. Les représentants de la RDC et du Burundi ont à leur tour accusé Kigali de bafouer l’accord. Le Rwanda de son côté garde sa position.

C’était une réunion urgente pour tabler sur la poursuite de la guerre qui continue de faire les morts et de créer des réfugiés dans les Kivu. C’était un véritable choc d’accusations qui ont pesé sur le Rwanda au banc des accusés sur la guerre à l’est de la RDC.

Les rôles clés du Rwanda dans la chute d’Uvira

Les USA ont pointé du doigt le rôle du Rwanda dans le conflit qui se poursuit à l’est. Le Représentant des États-Unis auprès des Nations a haussé le ton. « […] Kigali a été intimement impliqué dans la planification et l’exécution de la guerre dans l’est de la RDC. Il fournit une direction militaire et politique aux forces du M23 et de l’AFC […] ainsi que des combats aux côtés du M23 en RDC avec environ 5000 à 7000 soldats depuis début décembre », a précisé Mike Waltz au Conseil des Nations unies.

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L’ambassadeur américain a épinglé également le scénario de la chute de la ville d’Uvira. « Le Rwanda et le M23 ont commencé leur offensive juste le week-end dernier pour prendre Uvira, avec des forces rwandaises colocalisées avec le M23 le long des lignes de front. ». A-t-il ajouté. La crainte de voir la région s’embraser dans la guerre se précise : « Le Rwanda conduit la région vers une instabilité et une guerre accrues. »

Escalade entre le Burundi et le Rwanda ?

Le Burundi aussi, provoqué par les attaques du Rwanda, ne craint pas de faire la guerre au pays de Paul Kagame. Cependant son représentant prend à témoin la communauté internationale avant de passer à l’acte. « La retenue a des limites », assure le diplomate burundais. « Si ces attaques irresponsables devaient se poursuivre, il deviendrait extrêmement difficile d’éviter une escalade directe entre nos deux pays. […] Le Burundi ne pourra pas tolérer des violations répétées de son intégrité territoriale. Cependant, il se réserve le droit de faire usage de la légitime défense conformément à l’article 51 de la Charte des Nations Unies.

De son côté, le représentant permanent du Rwanda à l’ONU a rejeté en bloc les accusations d’agression portées contre son pays. « Le Rwanda n’est pas en guerre avec le Burundi et ne peut pas agresser ses voisins. » Réfutant ainsi les allégations de soutien de Kigali au mouvement rebelle du M23/AFC. « Les accusations de complicité avec le M23 sont infondées. » Il a, en revanche, accusé la RDC de violer le cessez-le-feu et de soutenir les FDLR. A dit Martin Ngoga, ambassadeur du Rwanda au Conseil de l’ONU.

Pendant ce temps, la RDC est restée fidèle à son rôle d’attentiste et de pleurnichard. « Le peuple congolais a choisi la paix. Il l’a demandée, il l’a négociée, il l’a signée. Il ne doit pas payer le prix de la mauvaise foi de ceux qui tournent le dos à leurs engagements. […] La paix ne peut reposer sur des promesses non tenues », a dit Thérèse Kayikwamba Wagner au Conseil de sécurité.

Un accord sans résultat au prix des mines congolaises

Cet accord, qualifié de paix, a été signé à Washington le jeudi 4 décembre 2025. Il devait en principe mettre fin à la guerre de 30 ans qui sévit à l’est de la RDC.  Il s’est simplement soldé au profit des Américains qui ont raflé gratuitement les droits sur les mines stratégiques de la RDC. Les Américains devaient tout mettre en œuvre pour empêcher la guerre à l’est du Congo. Malheureusement, ils ont aussi constaté la montée en puissance de la guerre du M23 avec la chute de la ville d’Uvira.

Dans une sortie récente, Donald Trump avait déclaré ouvertement avoir gratuitement des mines de la RDC. « J’ai mis fin à la guerre entre le Congo et le Rwanda. Ils m’ont dit : « S’il vous plaît, nous aimerions que vous veniez prendre nos minerais. » Et c’est ce qu’on va faire. ». Une déclaration choc, qui dit haut ce que les signataires congolais de l’accord ne peuvent pas dire. La prospérité économique et les ambitions stratégiques américaines face aux ambitions politiques des autorités congolaises relancent le débat. Et c’est autour d’un véritable moteur de l’accord RDC-Rwanda signé à Washington.

La paix se fait attendre.

Un accord au prix de la paix, mais la paix reste incertaine pendant que les entreprises américaines ont déjà pris les droits sur les mines congolaises. C’est par exemple Kobold Métal qui a déjà annoncé l’acquisition de droits sur le gisement du lithium congolais de Manono.

Le représentant des USA à l’ONU promet l’implication de son pays pour assurer des mesures de contrainte. « À la lumière des engagements pris dans les accords de Washington, nous sommes profondément préoccupés. C’est par le maintien de la présence militaire rwandaise sur le territoire congolais en soutien au M23. Nous utiliserons les outils à notre disposition pour tenir responsables les fauteurs de troubles de la paix. A encore dit Mike Waltz, ambassadeur des USA au Conseil de sécurité.

En attendant le résultat de l’accord de paix signé au prix des minerais de la RDC, les rebelles du M23 se positionnent dans la ville d’Uvira. L’ambition de conquérir les autres villes reste leur détermination exprimée en avance. La situation sécuritaire continue de se dégrader avec les morts et les déplacements massifs des populations parmi le peuple congolais.