Lualaba: ADID dénonce la pollution de l’environnement par CMOC KFM

Lualaba: ADID dénonce la pollution de l’environnement par CMOC KFM

Dans la province du Lualaba, des habitants qui vivent près des sites miniers de CMOC KFM disent subir de fortes pollutions qui affectent l’environnement et la santé. Alors que l’entreprise se félicite de ses résultats économiques, le manque de contrôle des autorités inquiète les communautés locales.

À Mayeba (site Kimisundu), Kawala, Musombo et Dikanda, dans la province du Lualaba, des communautés vivant à proximité des installations minières de CMOC KFM affirment subir depuis plusieurs années de graves conséquences environnementales et sanitaires. Des riverains dénoncent une pollution persistante des rivières, des terres agricoles et de l’air, mettant en danger leur santé et leurs moyens de subsistance.

À Kawala, par exemple, Jean-Claude Kabulo, habitant de la zone, décrit une situation qu’il qualifie d’invivable. Selon lui, les rivières Kando et Kisanfu, autrefois sources de vie pour les communautés, sont aujourd’hui polluées. « Il y a des traces visibles d’acide dans les rivières et même dans les champs. Les poissons meurent et nos cultures ne produisent plus comme avant », explique-t-il.

La situation sanitaire reste préoccupante.

Sur le plan sanitaire, le riverain parle de nombreux cas inquiétants observés dans le village. « Il y a des boutons qui apparaissent régulièrement sur les corps, des saignements de nez, des toux chroniques. Les femmes souffrent beaucoup. Il y a des naissances étranges, des enfants sans formes », témoigne-t-il. Il ajoute que la prise en charge médicale à l’hôpital construit par l’entreprise n’est pas gratuite, malgré la situation.

Jean-Claude Kabulo affirme également que plusieurs familles ont perdu leurs terres agricoles sans indemnisation. « Depuis 2024, nos terres ne produisent plus. Nous demandons d’abord une indemnisation pour nos récoltes perdues. Et aussi une analyse approfondie de nos sols par des agronomes », insiste-t-il. Il dénonce aussi des déplacements forcés. « Nos maisons proches de l’usine ont été délocalisées. Là où nous vivons aujourd’hui, on nous demande encore de partir en disant que la terre appartient à l’entreprise », déplore-t-il.

ADID rapporte également les mêmes faits.

Par ailleurs, ces témoignages sont rapportés par l’ONG Actions pour le développement intégré et durable (ADID). L’organisation indique que les communautés de ces villages subissent les effets négatifs des activités minières de CMOC KFM.  ADID dénonce notamment la pollution des rivières Kando et Kisanfu. Elle signale également la destruction des cultures vivrières. Également la mort de poissons et la présence permanente de poussières industrielles dans l’air.

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« Si vous regardez les vidéos et les photos, vous verrez que la sortie du bassin de rétention est directement conduite vers la rivière. Les canalisations renvoient les déchets dans la rivière », explique Martin Mwamb, président de l’ADID. Il rapporte également que certaines décisions favorables à l’entreprise auraient été prises sans analyses indépendantes de l’eau, du sol ou de l’air.

Face à cette situation, les communautés locales et l’ONG ADID exigent des enquêtes indépendantes, des analyses environnementales crédibles. Elles appellent aussi à des mesures urgentes pour protéger la santé des populations et leur environnement.

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