Haut Katanga: la fermeture de la pêche violée sur le lac Tshangalele
Malgré la décision des autorités provinciales sur la fermeture de la pêche depuis décembre 2025, la pêche clandestine continue dans quelques camps de pêche. Des organisations de la société civile dénoncent la complicité de certains agents de l’État et des pratiques de corruption qui menacent gravement les ressources aquatiques.
Sur le lac Tshangalele dans le territoire de Kabomve par exemple, de nombreux abus ont été constatés. Des pêcheurs et des commerçants continuent d’accéder librement au lac. Ils sont munis de jetons délivrés par certains agents de la Division de la pêche sur place. Une pratique jugée dangereuse par les acteurs locaux. Pour eux, elle favorise la surexploitation du lac en pleine période de fermeture.
Selon plusieurs témoignages recueillis, ces jetons permettraient aux pêcheurs clandestins d’opérer en toute tranquillité. Les commerçants quant eux, paieraient pour faire passer leurs paniers de poissons à travers les différentes barrières de contrôle.
La Division provinciale de la pêche reconnaît toutefois l’existence de ces dérives. Elle affirme avoir mené ,en effet, des descentes sur le terrain, au cours desquelles plusieurs pêcheurs clandestins ont été arrêtés. Des agents impliqués dans ces pratiques auraient également été suspendus.
» Nous avons procédé à une série d’arrestation et les agents impliqués sont suspendus. Les poissons ont été distribués aux deux hospices de vieillards de la Kenya et de la Kamalondo » explique le chef de bureau de la division.
Malgré les arrestations la pêche clandestine continue
Cependant, pour la société civile Nouvel Espoir, ces mesures restent insuffisantes. L’organisation affirme que, malgré les arrestations annoncées, la pêche continue quotidiennement. « À chaque barrière, les commerçants paient jusqu’à 25 000 francs congolais pour laisser passer les paniers de poissons frais » dénonce Daniel Kyungu coordonnateur de la société civile Nouvel Espoir à Kapolowe.
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Pour les acteurs de la société civile, cette situation met en péril l’écosystème du lac Tshangalele. En outre, elle fragilise les moyens de subsistance des communautés locales qui dépendent durablement de la pêche. Ils appellent les autorités provinciales à renforcer les contrôles. Ils les invitent également à sanctionner sévèrement les agents corrompus et garantir l’application effective des décisions prises.
Sans une action ferme et cohérente, la fermeture du lac Tshangalele risque de rester une simple mesure administrative, sans impact réel sur la protection des ressources naturelles. » Nous avons beaucoup dénoncé et rien ne change. L’arrêtée est vraiment violée , dit-il. Et de poursuivre, » au lieu d’attendre la fin tant mieux levée la mesure de fermeture de la pêche. L’économie de ces communautés est vraiment en danger et ainsi que l’écosystème. »
La division provinciale de la pêche indique quant à elle, poursuivre le contrôle sur ses agents de terrain.

