RDC: CASMIA appelle à la vigilance sur l’exploitation du fer

RDC: CASMIA appelle à la vigilance sur l’exploitation du fer

Présenté par le Ministre des Mines Louis Watum Kabamba, le projet Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR) vise à structurer l’exploitation industrielle du minerai de fer en République démocratique du Congo. Si le Gouvernement met en avant le potentiel économique du projet, des organisations de la société civile, dont la CASMIA-G, rappellent la nécessité de tirer les leçons des expériences minières passées.

Lors de sa présentation au Conseil des ministres, le Ministre des Mines a exposé les principaux paramètres du projet MIFOR. Les ressources de minerai de fer identifiées dans la Grande Orientale sont estimées entre 15 et 20 milliards de tonnes. Elles ont une teneur moyenne supérieure à 60 %. Selon les projections officielles, la production annuelle pourrait varier entre 50 et 300 millions de tonnes. Elle placerait la RDC parmi les pays qui disposent d’un important potentiel ferrifère à l’échelle mondiale.

En effet, le projet prévoit la mise en place d’unités de transformation industrielle ainsi que le développement d’infrastructures de transport multimodal destinées à soutenir l’exploitation et l’exportation du minerai. Sur 25 ans, la vente du minerai pourrait rapporter plus de 697 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Après paiement toutes les dépenses, il resterait plus de 308 milliards de dollars d’argent disponible. Selon le ministère de mines, MIFOR s’inscrit dans une stratégie de diversification de l’économie nationale et de valorisation locale des ressources naturelles, avec des perspectives en matière d’emplois, de recettes publiques et de développement industriel.

Des rappels et préoccupations exprimés par la société civile

Cependant, CASMIA-G une organisation de la société civile dans son décryptage du 14 janvier dernier, elle souligne que l’histoire de l’exploitation minière en RDC demeure marquée par des résultats mitigés. Depuis la période postcoloniale, plusieurs entreprises publiques, notamment Gécamines, MIBA, SOKIMO et Congo-Étain, ont rencontré des difficultés liées à la gouvernance, à la gestion et à la performance économique.  » Derrière cette projection ambitieuse se cache une passé questionnable » lit-on dans ce document.

L’organisation rappelle également que la transformation locale des minerais est restée limitée au fil des décennies, en raison de contraintes structurelles telles que le déficit énergétique, l’insuffisance des infrastructures et les capacités industrielles réduites. Sur le plan social et environnemental, CASMIA-G évoque des cas de délocalisation de communautés, de pollution de l’air et des cours d’eau. Elle indique également des tensions récurrentes entre entreprises minières et populations locales dans certaines provinces minières, notamment le Lualaba, le Haut-Katanga et le Tanganyika.

Par ailleurs, CASMIA-G estime que ces éléments doivent être pris en compte dans la mise en œuvre du projet MIFOR afin d’éviter la reproduction de difficultés observées dans d’autres projets miniers, dont celui du lithium de Manono, marqué par des différends contractuels et des enjeux de gouvernance.

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L’organisation formule plusieurs recommandations, notamment le respect strict du Code minier, le renforcement du contrôle environnemental, la participation des communautés locales, la transparence dans la sous-traitance et le renforcement des capacités locales en matière de gestion des revenus issus des mines.