RDC : Aubin Minaku interpellé à Kinshasa, plus des réactions
Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de sécurité congolaises ont procédé à l’arrestation d’Aubin Minaku, vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et ancien président de l’Assemblée nationale. L’opération s’est déroulée à sa résidence privée, située à Kinshasa, peu après minuit.
Selon des témoins, la maison de l’ancien speaker de la Chambre basse a été entièrement bouclée par des éléments des forces de sécurité avant que l’intéressé ne soit conduit vers une destination inconnue. À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités quant aux motifs précis de cette interpellation.
Cette arrestation intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions politiques et sécuritaires. C’est notamment en raison de la dégradation persistante de la situation dans l’Est de la RDC. Elle s’inscrit également dans une série de poursuites judiciaires visant des proches de l’ancien président Joseph Kabila, autorité morale du PPRD.
L’interpellation d’Aubin Minaku survient quelques jours seulement après celle d’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD. Jusqu’à présent, le PPRD n’a pas réagi officiellement à ces événements.
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Les réactions vont dans tous les sens
Interrogé sur la situation, Maître Victor Mulumba, avocat analyste, estime que ces arrestations s’inscrivent dans le cadre des enquêtes en cours. « Il est vrai que depuis un certain temps, le Président de la République fait état de plusieurs tentatives d’assassinat. Plusieurs généraux ont été arrêtés, tout comme des civils. Toute personne citée doit faire l’objet d’une arrestation et d’enquêtes », explique-t-il. L’avocat rappelle que l’arrestation d’Emmanuel Ramazani Shadary est intervenue plusieurs jours avant celle d’Aubin Minaku, soulignant que « si, au terme des enquêtes, il s’avère qu’il est innocent, il sera libéré ; dans le cas contraire, il sera traduit devant une juridiction compétente pour être jugé ».
Jean kalume est le coordonateur provincial de la centrale électorale de l’unc haut katanga. Il exprime une position critique face à ce qu’il considère comme une dérive des pratiques politiques actuelles. « Toute la lutte de l’UDPS Étienne Tshisekedi, était centrée sur la lutte contre ce genre de pratiques jadis mobutistes. Cependant cela devient aujourd’hui un mode de gouvernance », déplore-t-il. Ensuite il s’interroge. « Si l’on doit arrêter tout le monde, la question est de savoir sur qui est-ce qu’on va gouverner ? »
Respect de la procédure
De son côté, Maître Gilard Nday a aussi donné sa reaction. Il croit que cette arrestation s’est faite dans un contexte tendu avec dans le passé plusieurs arrestations faites des proches de l’ancien président de la république. Mais, dit-il, une arrestation doit obéir aux prescrits de la loi. C’est-à-dire, présentation d’un mandat d’information à l’intéressé, le motif de son arrestation, et de garantir le droit de défense. L’avocat poursuit son propos et dit, le respect de droit de l’homme et de la présomption d’innocence. « Si cette arrestation n’obéit pas à tous ces principes elle est assimilée à un enlèvement. »
Alors que le climat politique demeure tendu, l’ arrestation d’Aubin Minaku risque d’accentuer davantage les crispations entre le pouvoir en place et l’opposition .

