Tanganyika: la FEC proteste contre l’instauration du péage routier
À Kalemie, les activités économiques ont été perturbées à la suite d’un mouvement de protestation initié par les opérateurs économiques. Ils dénoncent l’insécurité persistante et la multiplication des taxes. À Kongolo également la situation est similaire. La société civile annonce une marche pacifique pour protester contre la réactivation du péage routier. Elle estime que cette taxe n’a à ce jour aucun impact visible sur l’amélioration des infrastructures routières.
« Ce mercredi, le secteur économique est paralysé dans la ville de Kalemie. Les magasins, les boutiques, les marchés petits et grands et les pharmacies. .. Tout est fermé. Les routes sont désertes » , témoigne Nathan Mugisho, directeur du mouvement citoyen Umoja ni Nguvu.
Cela fait deux jours que la ville de Kalemie connaît un arrêt des activités économiques. Dans une correspondance adressée au maire de la ville, la fédération des entreprises du Congo a exprimé sa profonde amertume face à une insécurité persistante. Selon cette fédération, plusieurs de ses membres ont été victimes d’actes criminels. Ils ont compromis la continuité des activités économiques. Pour la FEC Kalemie, cette situation a atteint un niveau critique qui nécessite une réaction forte.
En signe de protestation, la FEC a annoncé l’ organisation d’une ville morte du 20 au 21 janvier 2026. Cette action vise ,en effet, à interpeller les autorités sur la nécessité de restaurer la sécurité.
Une barrière de péage jugée inapproprié par la FEC
Au delà de la situation sécuritaire précaire, la FEC Kalemie s’oppose également à l’ érection d’ une barrière non loin du port. Selon une source proche de la FEC, cela constitue une double taxation . « Les opérateurs économiques payent déjà plusieurs taxes. C’est notamment à la SNCC, pour l’accès au port ainsi que la taxe du FONER. Les opérateurs n’acceptent pas une nouvelle barrière installée par la direction du péage » confie la source.
Par ailleurs, les operateurs économiques déplorent l’absence d’impact visible de ces prélèvements sur l’entretien des routes. » Nous payons suffisamment de taxes. Placer cette barrière n’est pas juste. L’état de nos routes en dit long.Il ne reflète pas une bonne gestion de taxes prélevées » déclare un commerçant de Kalemie.
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La situation est la même à Kongolo
Après Kalemie, la contestation s’est également étendue au territoire de Kongolo où la société civile est montée au créneau. La Nouvelle Société Civile congolaise a annoncé l’organisation d’une marche ce 21 janvier pour dénoncer la réactivation de la taxe de péage routier. Les organisateurs jugent cette mesure injustifiée. Au regard de l’état de dégradation avancée des routes, de l’absence d’entretien régulier et des risques encourus par les usagers.
» Aucune sensibilisation n’a été faite avant le début du prélèvement de cette taxe routière. En outre , aucun programme clair n’a été annoncé sur l’utilisation de l’argent perçu. »
Et d’ ajouter « pendant 3 ans la population a payé cette taxe journalière. Les motos paient 2 500 CDF et les véhicules 30 000 CDF » indique Kiwaya Muzungu coordonnateur de la nouvelle société civile congolaise de Kongolo.
Les habitants de Kongolo sont par ailleurs déterminés à poursuivre la lutte. La société civile indique en outre que la mobilisation va continuer jusqu’à la levée du péage routier. » La population n’est pas contre le payement de cette taxe de péage routière car c’est un devoir civique. Cependant, elle veut avant tout voir clair sur l’utilisation de l’argent perçu . A ce jour , toutes les routes sont impraticables » indique ce coordonnateur.
Le directeur du péage routier au Tanganyika indique pour sa part qu’il ne revient pas à la FEC de déterminer l’endroit où poser une barrière. Entre-temps, des discussions sont engagées par le gouvernement provincial en vue d’une éventuelle solution.

