Lualaba : les employé des entreprises chinoises exigent l’application du nouveau SMIG

Lualaba : les employé des entreprises chinoises exigent l’application du nouveau SMIG

Plusieurs employés des entreprises minières chinoises près de Kolwezi dans la province du Lualaba sont en grève et exigent l’application du nouveau SMIG. Des fortes tensions s’observent dans les entreprises MKM, DEZIWA et Kisanfu Mining KIMIN.

Le gouvernement central a confirmé l’application irréversible de la réforme du Salaire Minimum Interprofessionnel GarantiSalaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG). La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé une séance de travail le 12 janvier dernier consacrée à la mise en œuvre de l’actuel  SMIG.  Ce nouveau SMIG  fixé à 21 000 CDF par jour, devrait entrer en vigueur dès le mois de janvier en cours. Cependant, il s’affiche comme une solution rédemptrice pour les travailleurs des entreprises chinoises du Lualaba.

C’est ainsi qu’ ils exigent son application surtout que plusieurs de ces  travailleurs affirment percevoir des salaires inférieurs aux seuils légaux.

Des vives tensions sur le SMIG

Des vives tensions ont été observés même ce vendredi 23 janvier 2026 à l’entreprise MKM. Les agents de cette société exigent le respect du SMIG, le respect des Catégories et bien d’autres conditions de travail. C’est ainsi que la route menant vers leur entreprise a été barricadée pendant près de cinq jours maintenant.

Ces travailleurs de l’entreprise MKM ne décolèrent pas. Ils exigent l’implication des autorités pour que leur employeur chinois parvienne à respecter les lois du pays. Ils en  appellent également à l’ouverture d’une enquête immédiate pour élucider toutes les violations de leurs droits commises par leur patron. C’est sans oublier la cessation immédiate des mesures illégales appliquées par MKM. Dans le mémorandum signé par le collectif des travailleurs, ils réclament  beaucoup plus: « le rétablissement des catégories professionnelles respectives. Aussi les salaires légaux et le respect intégral du nouveau SMIG.»

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Sous anonymat, un travailleur d’ une autre entreprise dénonce les pratiques hors normes. «Je suis un travailleur voisin de MKM, moi je travaille à  CMOC. Nous subissons les mêmes traitements ici. Les chinois ne veulent pas appliquer les lois . Ils s’en foutent catégoriquement « , dit-il . Et d’ ajouter, « le gouvernement congolais doit taper fort  car les chinois n’ont aucune volonté de mettre en pratique ce SMIG 2026. Ils veulent maintenir le SMIG de 2014-2015». 

Pendant ce temps, les travailleurs de Kisanfu Mining KIMIN exigent également l’application du nouveau SMIG. Ils  dénoncent par ailleurs  des contrats abusifs. Le site minier de KIMIN est aujourd’hui au centre de graves accusations. Des travailleurs ayant accepté de témoigner sous anonymat strict, par crainte de représailles, dénoncent à la fois des violations répétées du droit du travail congolais et une stratégie systématique d’intimidation visant à réduire toute contestation au silence.

Des pratiques chinoises

La majorité des travailleurs dans les entreprises chinoises opérant dans les mines ne disposent pas de contrat direct. Les entreprises recourent systématiquement aux structures de sous-traitance. Une pratique qui apparaît aux yeux des travailleurs interrogés, comme un mécanisme destiné à contourner les obligations sociales et à faciliter les licenciements arbitraires.

Dans les usines les conditions sont particulièrement préoccupantes. Les agents sont sans contrat formel, sans couverture médicale suffisante et sans équipements de protection adaptés. C’est malgré l’exposition quotidienne à des produits chimiques dangereux. ils sont d’ailleurs logés dans des conditions inhumaines. La qualité des repas fournis est également au cœur des critiques.

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La réforme de la loi sur le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) a été revue à la hausse et promulguée par les autorités congolaises. Fixé à 21.500 francs congolais par jour depuis janvier 2026 contre 14.500 CDF auparavant. L’actuel SMIG a été réajusté jusqu’à 48 pourcent  afin de répondre à la hausse du coût de la vie.