Commerce extérieur : plus de 21 milliards de dollars échappent à la RDC en dix ans (Rapport)

Commerce extérieur : plus de 21 milliards de dollars échappent à la RDC en dix ans (Rapport)

La fuite est massive.Elle est aussi silencieuse. De plus, elle dure depuis des années. Entre 2013 et 2022, la République démocratique du Congo a enregistré plus de 21 milliards de dollars d’écarts de valeur dans son commerce international.Ces chiffres proviennent d’un rapport de l’organisation Global Financial Integrity, consacré aux flux financiers illicites liés au commerce en Afrique.

Le rapport compare deux sources. D’un côté, les exportations déclarées par la RDC. De l’autre, les importations enregistrées par ses partenaires commerciaux. Le Résultat demonintre que les montants ne correspondent pas.

Ces différences sont appelées écarts de valeur commerciale. Lorsqu’elles sont élevées et répétées, elles indiquent des risques de manipulation des prix et de fuite de ressources financières.

Lire aussi:Afrique:les flux financiers illicites a la base du sous développement

Un quart du commerce concerné

Sur dix ans, près de 23 % du commerce total de la RDC présente des anomalies de valeur. Autrement dit, près d’un dollar sur quatre échangé par le pays est associé à un risque de perte financière. Cette situation n’est pas ponctuelle. Elle se répète chaque année.Celle-ci ttraduit en somme un problème structurel.

Le rapport met un accent particulier sur les échanges avec les économies développées . Dans ces relations commerciales, 27 % de la valeur des échanges de la RDC présente des écarts. Ce niveau place le pays parmi les plus exposés en Afrique.

Ces échanges concernent principalement des marchés à forte valeur, où les volumes sont élevés et les chaînes commerciales complexes.

Le poids du secteur minier

La RDC reste fortement dépendante de ses exportations minières.  Ainsi, son économie depend des ses minerais. Cest entre autre, le Cuivre, le Cobalt, l’Or ou encore le Coltan. Ces produits concentrent une grande partie des risques. Car, Ils sont difficiles à contrôler. Par exemple leur valeur peut être facilement sous-déclarée. Ainsi, les recettes fiscales en moins pour l’État, et des ressources qui quittent le pays sans bénéficier à l’économie nationale.

Le rapport est clair.Les écarts de valeur commerciale ne constituent pas une preuve de fraude individuelle. Cependant,  Ils constituent un indicateur économique ou encore un signal d’alerte. Ils révèlent par ailleurs des faiblesses dans les contrôles douaniers ,des lacunes dans les statistiques commerciales ainsi qu’une gouvernance économique vulnérable.

En dix ans, plus de 21 milliards de dollars ont échappé au circuit économique officiel.Un montant capable de financer des routes, des écoles, des hôpitaux ainsi que divers  services publics essentiels.

Pour les auteurs du rapport, la lutte contre ces pertes passe par un renforcement des contrôles et plus de transparence dans le commerce des matières premières