Sud-Kivu: plus de 60 000 enfants dépistés pour malnutrition
Le rapport du bureau de la coordination des affaires humanitaires des nations unies OCHA indique que la province du Sud-Kivu traverse une crise humanitaire majeure. Entre la malnutrition, les épidémies et l’accès limité aux soins, les populations vulnérables vivent dans des conditions extrêmement fragiles. Pour ce bureau, cette situation nécessite une réponse urgente et coordonnée des acteurs humanitaires.
En effet, selon les données des acteurs humanitaires pour décembre 2025, 1 802 enfants ont été pris en charge pour la malnutrition aiguë sévère. Plus de 6 600 enfants ont été pris en charge pour la malnutrition aiguë modérée dans plusieurs zones de santé, dont Fizi, Minova. Plusieurs enfants ont été également identifiés dans les zones de santé de Ruzizi, Bunyakiri, Kalehe et Walungu. Au total, 60 112 enfants de moins de cinq ans ont été dépistés, permettant de référer 1 114 enfants frappés par la malnutrition aigue sévère. Et 4 020 enfants ont été aussi été dépistés à la malnutrition aigue modérée. En outre , 394 femmes enceintes ou allaitantes à risque ont été transférés vers les unités nutritionnelles spécialisées.
La province du Sud Kivu fait également face à des flambées épidémiques simultanées. En décembre 2025, 1 007 cas de choléra ont été recensés, dont 13 décès. La rougeole a ,en effet, touché 1 598 personnes, causant 9 décès. La flambée de mpox s’est intensifiée avec 2 495 nouveaux cas et un décès. Ce qui porte le cumul annuel à 21 886 cas et 19 décès. Ces maladies aggravent la vulnérabilité des populations déjà fragilisées par les déplacements et la malnutrition.
Des réponses urgentes mais toujours insuffisantes pour la population
Les femmes et les filles ont été ciblées par des interventions en santé reproductive. L’UNFPA a distribué 120 kits de traitements d’urgence contre le VIH à donner après une exposition possible. Cette organisation a aussi remis 1 000 kits de dignité et 600 kits d’hygiène d’accouchement. Elle a par ailleurs formé 28 prestataires de santé sur les précautions standard de prévention et contrôle des infections dans la zone de Minova. Ces mesures visent à assurer des soins sécurisés pour les femmes dans des contextes d’insécurité.
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Par ailleurs, l’accès à l’eau potable et aux infrastructures sanitaires reste un défi. 6 118 ménages ont reçu des kits Eau, Hygiène et Assainissement dans les zones de Kaziba et Minova. Dans le cadre de la lutte contre le choléra, des campagnes de désinfection et de distribution de produits de potabilisation ont touché plusieurs milliers de familles. Pour répondre à l’épidémie de Mpox, 105 ménages ont également été dotés de kits dans la zone de Miti-Murhesa.
Malgré ces efforts, la pression sur les structures de santé demeure intense. Plusieurs centres ont été pillés, leur capacité opérationnelle est réduite. Et ceci a limité l’accès aux soins essentiels. La coordination entre acteurs humanitaires, autorités locales et ONG reste cruciale pour maintenir les services vitaux dans une population fortement exposée aux crises nutritionnelles, sanitaires et sécuritaires.
Toutefois, les experts soulignent qu’une approche intégrée va combiner nutrition, santé, protection, hygiène. Aussi la sécurité alimentaire, ainsi qu’un accès humanitaire sécurisé, est indispensable pour protéger durablement les populations du Sud-Kivu. Sans le renforcement de ces interventions, les enfants et familles resteront parmi les plus vulnérables de la région.

