RDC: des entités de traitement qui exploitent le cuivre et le cobalt en toute irrégularité
La commission de contrôle des entités de traitement de la filière du cobalt et du cuivre, note une exploitation irrégulière. Le ministère des Mines a rendu public, mercredi 28 janvier 2026, la conclusion des travaux de la Commission ad hoc. Cette commission était chargée de contrôler la conformité administrative, juridique et technique des entités de traitement du Katanga et du Lualaba.
La commission ad hoc devrait également contrôler la traçabilité et la licéité des sources d’approvisionnement des unités de traitement. Elle concernait donc de manière spéciale que des substances minérales issues de l’exploitation artisanale. Ce controle ne concernait que deux minerais. Il s’agit du cuivre et du cobalt dans l’arc minier du grand Katanga.
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Selon le ministère, dans la province du Lualaba et du Haut Katanga, il y a au total quarante usines. Ces usines ou entités de traitement exploitent le cuivre et du cobalt dans une situation d’irrégularité . C’est en raison de treize entités de traitement recensées au Lualaba et 27 dans le Haut-Katanga, vingt-sept entités ont été identifiées.
Quarante entités de traitement en état d’irrégularité
Le rapport global et provisoire fait état de nombreuses irrégularités récurrentes. Il s’agit notamment de la non-conformité de la composition du capital social. Ceci est en violation de l’obligation légale d’une participation congolaise d’au moins 50 %. Ce cumul non autorisé de titres miniers et d’agréments d’entités de traitement viole la législation en vigueur. S’ajoute aussi l’absence de contrats formels avec des coopératives minières agréées.
La Commission a également relevé l’absence de preuves de formation des employés congolais. Le manque d’acheteurs agréés dans plusieurs entités. C’est sans oublier la non-transmission de rapports obligatoires, des insuffisances dans le suivi de la stabilité des bassins de rejets, ainsi que des pratiques de valorisation non conformes. S’y ajoutent un déficit de transparence, marqué par l’absence de publication de contrats, de revenus et de statistiques de production, et de graves faiblesses en matière de traçabilité. C’est par exemple l’absence de registres des mouvements des minerais et de déclarations financières auprès de la Banque centrale du Congo BCDC.
Par ailleurs, certains yeux aigues dans le secteur minier ce communique de presse du ministre devrait être convaincant. Pour Leonard Zama : « Le travail de la commission devait être très explicite avec des noms des coopératives et des entités de traitement avec leur situation d’irrégularité. Le ministre ne pouvait pas venir nous donner des éléments bruts». regrette le coordonnateur de l’ONG IPDHOR. Pour cet acteur de la société civile du Lualaba, c’est une confusion. « Ce rapport du ministre au lieu d’éclairer l’opinion a créé encore la cacophonie dans le public. C’est pourquoi nous exigeons sa publication pour que nous sachions la situation de chaque entité de traitement » . A-t-il précisé Leonard Zama.
Par ailleurs une mesure de clémence a été accordée pour la mise en conformité de ces entités de traitement à la législation minière congolaise. Toutefois, le ministre précise que des contrôles internes seront également diligentés au sein des services du ministère à travers tout le pays afin d’identifier les responsabilités et d’éventuelles complicités.

