Corridor de Lobito : OEARSE attire l’attention des autorités de la RDC

Corridor de Lobito : OEARSE attire l’attention des autorités de la RDC

 Lors des discutions sur les minerais critiques au cours de la 32 édition de Indaba mining à Cap Town, un accent particulier a été mis sur le projet du corridor de Lobito. De ce fait, la structure citoyenne OEARSE a saisi cette occasion pour attirer l’attention des décideurs congolais sur l’opportunité qu’offre le corridor. Dans un communiqué rendu public le 11 février, OEARSE  appelle les autorités congolaises à la prudence.  

L’Observatoire d’études et d’appui à la responsabilité sociale et environnementale (OEARSE),  exhorte les autorités congolaises à mieux encadrer le projet sur le corridor de Lobito.
Dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, le corridor de Lobito apparaît comme une infrastructure clé, écrit l’ONG. Il doit relier les zones minières du sud-est de la RDC au port angolais de Lobito, facilitant ainsi les exportations des minerais. C’est notamment le cobalt et le cuivre.
Pour de nombreux partenaires internationaux, le projet représente un levier de diversification logistique. Et pour Kinshasa, il pourrait constituer un outil de croissance économique, à en croire OEARSE.

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Des inquiétudes sur la gouvernance

Cependant, l’OEARSE appelle les décideurs à ne pas se limiter à la dimension économique. L’organisation évoque des préoccupations persistantes quant à la place réelle de la RDC dans la gouvernance du projet et au partage des bénéfices. Selon elle, le manque de transparence des accords en discussion et l’absence d’un débat public inclusif fragilisent la légitimité du corridor.

« Le projet doit s’inscrire dans une vision nationale structurée », estime la structure.

Au-delà de l’infrastructure ferroviaire, l’OEARSE plaide pour une approche intégrée. Elle demande une fiscalité équitable, l’application effective de la transformation locale des minerais et des garanties environnementales solides.
En outre, l’organisation insiste sur la nécessité de bénéfices directs pour les communautés locales et  d’un accès réel des PME congolaises au projet. De plus, la structure demande les mécanismes de protection pour les exploitants miniers artisanaux. OEARSE insiste aussi  sur le repositionnement stratégique de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC)  afin d’éviter sa marginalisation.

Un test pour la souveraineté économique

Pour l’OEARSE, le corridor de Lobito peut devenir un moteur de développement inclusif. Mais à condition, prévient-elle, que les règles de gouvernance, les modalités contractuelles et les mécanismes de partage des revenus soient clarifiés. À défaut, le projet risque de reproduire les déséquilibres du modèle extractif actuel.

Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse la logistique, dit-elle encore. Il touche à la souveraineté économique et à la capacité du pays à transformer ses ressources en développement durable.