Conflit Homme-Elephant :ICCN éclaire sur le couloir migratoire
La Direction générale de l’institut congolais pour la conservation de la nature, ICCN en sigle, sort de son silence. C’est au sujet de la gestion des flux migratoires des éléphantséléphants et les mécanismes de cohabitation à Malemba Nkulu, Manono et Kabalo. Selon l’ICCN, les mouvements de pachydermes souvent décriés entre Malemba Nkulu et Manono relèvent des cycles migratoires naturels.
Dans une correspondance adressée au Coordonnateur général de l’ONGD TELU à Kinshasa le mardi 17 février 2026, l’ICCN apporte des clarifications sur la situation des éléphants. Celles-ci, visent à contribuer à une compréhension apaisée sur la divagation des éléphants dans les territoires de Malemba Nkulu, Manono ainsi que Kabalo. Dans ce document, cet établissement public indique qu’il a le mandat de la gestion du réseau des aires protégées en RDC. Et celà, en vertu de la Loi N°14/003 telle que modifiée et complétée par la Loi N°24-020 du 30/12/ 2024, relative à la conservation de la nature.
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Cette institution met en outre la lumière sur les perceptions « invasions» soudaines de ce troupeau d’éléphants souvent à la base des alertes. « Le suivi télémétrique initié depuis mai 2025 par le Parc national de l’Upemba, démontre que les mouvements des pachydermes entre Malemba Nkulu et Manono relèvent de cycles migratoires naturels» peut-on lire dans ce document. Ce même document renchérit «les rapports de juin 2025 du parc national de l’Upemba indiquent que les troupeaux, dont six individus équipés de colliers GPS dans le secteur Kamalondo- Ankoro dans le territoire de Manono, parcourent mensuellement des distances comprises entre 332 km et 466 km. Et ces éléphants sont tous en dehors du parc national de l’Upemba.»
Les corridors de déplacement des éléphants selon ICCN
Par ailleurs, le Directeur général de l’ICCN, Yves Milan Ngangay précise que les corridors de déplacement des éléphants dans les territoires de Malemba Nkulu, Manono et Kabalo sont connus.
Il indique que ces éléphants se déplacent de manière récurrente dans les localités de Kisamba, Bwalo, Ankoro,Mukalay, Malanga. Il y a aussi, les localités de Gwena, Lubudi, Tuta, Kilato, Kilengalele, Kyofwe, Bidiku, kikoko, Ilunga- Ngoy, Kanyamba, Katamba-Kazadi, Kamala, Kakombo, Lubumbu, Nkunku, Ngoy-Mani, katshimpwe, Mulolo, Kabwe et actuellement Kyala vers le nord de Manono. Ainsi, précise l’ICCN « la présence d’éléphants dans ces zones est donc structurelle et liée à des dynamiques écologiques établies.»
L’usage d’armes interdit sur les éléphants
L’ICCN rappelle par contre que l’usage d’armes à feu par des personnes non autorisées et non formées pour le refoulement de ces animaux, constitue une infraction grave. « Au-delà de son caractère illégal, cette pratique accroît significativement le risque d’incidents mortels. Elles provoquent des réactions défensives imprévisibles des troupeaux.»
Il sied de noter que face à cette situation récurrente, l’ICCN instruit le Parc national de l’Upemba de renforcer sa stratégie d’anticipation. Celà permet d’éviter le conflit Homme-Elephant qui a élu domicile dans ces zones.
Le parc national de l’Upemba développe également des méthodes de refoulement non létales. Celles qui sont conformes à la législation et adaptées au contexte local. Car ,note cet établissement, la sécurité des communautés et la survie des éléphants reposent sur l’abandon des pratiques inappropriées.

