Lubumbashi: table ronde sur la promotion de la gouvernance minière

Lubumbashi: table ronde sur la promotion de la gouvernance minière

 L’Institut Républicain International a réuni ce 04 mars 20226 les acteurs des organisations de la société civile,  les journalistes et  les représentants communautaires autour d’une table ronde. Cette rencontre avait pour objectif  de partager les points clés  du rapport sur les défis et opportunités de gouvernance dans le secteur minier en RDC. Elle visait aussi à dégager des recommandations pour déterminer les besoins en renforcement des capacités des organisations de la société civile.

Parmi les lacunes persistantes dans le secteur minier figurent en effet le manque de transparence et d’accès à l’information. La fragmentation institutionnelle et la faible coordination entre services publics ont été soulevés comme défis dans le rapport. Aussi les contraintes sévères de capacité qui limitent l’efficacité des mécanismes d’inspection et d’application des lois. La gestion des revenus miniers demeure faible et son impact sur les communautés locales reste limité, tandis que la surveillance environnementale apparaît insuffisante. L’informalité persistante dans l’exploitation minière artisanale continue également d’alimenter des tensions et des conflits.

Au cours des échanges, d’autres défis ont été ajoutés. C’est notamment la présence d’enfants dans les mines. Le manque de suivi et d’évaluation dans la mise en œuvre des cahiers de charges conclus avec les communautés.  La corruption de certains chefs coutumiers, l’absence de transformation locale des minerais restent aussi des défis majeurs. Les participants ont abordé aussi le non-respect des procédures administratives et, surtout, le manque de volonté politique pour faire appliquer les textes existants.

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Les acteurs de la société civile et les journalistes face aux pressions des miniers

Par ailleurs, la question du rôle des médias et des organisations citoyennes face à la corruption a suscité de vives réactions. Un membre de Lutte pour le changement  LUCHA  a reconnu que plusieurs actions de dénonciation ont été menées. Cependant, la peur et l’isolement freinent souvent l’engagement populaire. «  Je dénonce, je meurs. Donc, la sécurité n’est pas garantie »  a déclaré cet activiste. D’autres intervenants ont plaidé pour une action coordonnée en réseau. Celle-ci doit être fondée sur un travail de recherche rigoureux.  «  Le travail doit se faire en réseau. Il faut éviter le vedettariat dans la dénonciation de la corruption dans le secteur minier afin de garantir sa  sécurité bien qu’elle n’est toujours pas garantie » indique un acteur de la société civile.

Au terme des travaux, les participants ont  par ailleurs formulé plusieurs recommandations majeures. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir une réelle accessibilité à l’information sur le secteur minier. L’urgence de réformer en profondeur le système judiciaire considéré comme la base de toute transformation durable. Il faut  en outre engager une réforme sociétale capable de rendre les citoyens plus exigeants vis-à-vis de leurs dirigeants. L’intériorisation des normes civiques et des valeurs de responsabilité a également été présentée comme un impératif. Aussi le renforcement de la volonté politique doit être palpable pour assurer l’application effective des lois.

La mise en place de structures de communication pour une bonne gouvernance

Enfin, les participants ont recommandé la mise en place de véritables structures de communication au sein de chaque organisation. Ces organes ne doivent pas seulement se limiter à informer.

L’information doit aller au delà par exemple à l’ouverture aux débats. Elle doit également favoriser un dialogue permanent entre les institutions,  les entreprises et communautés. Pour plusieurs, c’est à travers cette culture du débat et de la redevabilité que pourra s’enraciner une gouvernance minière plus transparente et plus équitable en RDC.