Katanga : une rumeur sur le vol des organes génitaux fait des victimes

Katanga : une rumeur sur le vol des organes génitaux fait  des victimes

Environs quatre personnes  dont une femme, accusées d’être des auteurs  d’une prétendue disparition des organes génitaux ont été tuées ces derniers jours  dans la région du Katanga. Les élues ainsi que la société civile appellent les autorités à prendre de mesures fortes pour arrêter cette rumeur. Ils craignent que ce phénomène ne fasse plus des victimes parmi les innocents.

La rumeur est partie de la province du Tanganyika comme une trainée de poudre. Elle s’est propagée dans la partie Sud de la région du Katanga. Aujourd’hui, la rumeur se répand non seulement dans les grandes villes comme Lubumbashi, Likasi, Kolwezi ou Fungurume mais également dans les cités comme Sandoa ou Kafwankumba.

De plus, elle est amplifiée par les réseaux sociaux. Ces informations créent une psychose au sein de la population. En effet, certains y croient et déclarent avoir constaté la disparition de leur organe après un simple contact physique avec quelqu’un d’autre. Cependant d’autres citoyens ni apportent aucune importance. Pour ces derniers , il s’agirait d’une superstition.

Des dommages collatéraux ?

Dans la plupart des cas, ce sont des passants sont accusés d’être à l’origine de ces prétendues disparitions d’organes génitaux. Cela se produirait par un simple contact physique entre deux hommes ou entre un homme et une femme, selon certaines sources non officielles. Mais ce phénomène a atteint un niveau inquiétant déplore Liliane Komba, députée provinciale élue de Kambove.

En effet, dit-elle, ce dimanche dans la cité de Kambove à 150 Km de Lubumbashi, une femme a été violemment tabassée à mort lapidée ce dimanche.

 »C’est une mère de deux enfants et elle était mariée. Deux hommes qui l’ont croisée au quartier Kiwewe alors qu’elle se rendait au marché vendre de la friperie, l’ont incriminée. Elle était enceinte. On l’a tabassée, lapidée jusqu’à ce qu’elle a rendu l’âme », dit cette élue le cœur serré.

 »Je dénonce ce  double meurtre  » insiste-t-elle, car au delà de la femme, on a ôté la vie à un enfant qui devait naitre 

Pendant ce temps, des sources à Fungurume attestent que 3 autres victimes, tous des hommes,  ont été  récemment brûlées vives pour le même motif. A Lubumbashi comme à Kolwezi et d’autres cités, plusieurs personnes ont également été molestées. Ce lundi matin par exemple, une jeune fille a été grièvement blessée par le motard qui la transportait. Ce dernier l’a accusée de lui voler son organe génital , témoigne maitre Shadrack Mukad, porte-parole de la société civile à Kolwezi. La jeune dame a été secouru par des militaires qui ont constaté que le motard avait son organe en place. Par ailleurs à Sandoa, la police a du tirer pour disperser une foule qui voulait en finir avec une femme incriminée. Le bilan fait état de cinq blessés par balle, indique la société civile.

Les autorités interpellées sur ce phénomène

 »La situation devient très grave », indique maitre Shadrack Mukad, porte parole de la société civile à Kolwezi . De son coté, l’élue de Kambove indique que ces différents meurtres sont inacceptables. Il est temps que l’Etat prenne ses responsabilités afin de protéger les innocents.  »Il faut des mesures contraignantes , des mesures fortes et des pénalités contre toute personne qui crierait avoir perdu son sexe. Parce qu’au final, toutes les personnes qui se sont dit victimes, quand on vérifie, elles ont leurs organes génitaux en place  », affirme  Maitre Shadrack Mukada

L’honorable Liliane Komba, quant à elle, demande aux autorités de mettre fin à ces pratiques  de justice populaire. devenues récurrentes.

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Dans toutes les villes ,les autorités appellent à dénoncer tout celui qui se rendrait coupable d’imputation dommageable.  Entretemps, la justice s’est saisi du dossier . La semaine passée, le tribunal de Kolwezi a condamné un jeune homme à 15 ans de prison. Il était poursuivi  pour fausse allégations sur la disparition de son sexe. A Lubumbashi, un autre procès est cours au tribunal de paix de Lubumbashi- Kamalondo. Deux hommes sont poursuivis pour des faits similaires.