RDC : l’audit de Sicomines, entre espoir et méfiance
Le mouvement Forum Citoyen RDC (FC) a réagi à l’annonce du lancement d’un audit technique et financier du projet Sicomines. Dans un communiqué publié le 09 mars 2026 à Kinshasa, cette organisation de la société civile dit prendre acte de l’initiative annoncée deux jours plus tôt par l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC). Cependant, le Forum Citoyen appelle à la vigilance.
Selon ce mouvement, le processus entourant cet audit reste marqué par des zones d’ombre. Il évoque notamment l’opacité qui aurait caractérisé le recrutement du cabinet chargé de réaliser l’audit, signé le 5 mars 2026.
Ainsi, le mouvement craint que l’objectif réel de cette évaluation ne soit détourné. Pour Forum Citoyen, l’audit ne doit pas être instrumentalisé dans le contexte actuel de recomposition du secteur minier congolais, notamment depuis l’avènement du partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis autour des minerais critiques.
Dans ce contexte, l’organisation rappelle que l’audit devrait compléter les dispositions prévues dans l’avenant 5 du contrat Sicomines. C’est notamment le point 13 de l’article premier qui prévoit une mise à jour de l’étude de faisabilité du projet.
Par conséquent, le Forum Citoyen recommande plusieurs mesures. D’abord, la publication des termes de référence de l’audit afin de garantir la transparence du processus. Ensuite, la production et la publication de l’étude de faisabilité actualisée du projet Sicomines.
Le mouvement insiste également sur la nécessité d’exiger un audit complet. Celui-ci devrait porter non seulement sur les mines et les infrastructures, mais aussi sur la hauteur de la dette. En outre, il s’intéresser aux investissements réalisés et les intérêts du prêt accordé par les entreprises chinoises à l’État congolais.
De plus, le Forum Citoyen demande la certification des réserves minières ainsi que l’évaluation de leur valeur réelle.
La coalition CNPAV salue une avancée mais exige des responsabilités
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De son côté, la coalition le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) salue l’annonce de cet audit qu’elle considère comme « un pas vers la vérité ».
Depuis plus d’une décennie, la société civile juge déséquilibré et opaque le caractère du partenariat sino-congolais.
Pour la coalition, l’audit envisagé devrait couvrir plusieurs dimensions du projet. Il s’agit notamment des aspects miniers, énergétiques, infrastructurels, financiers, fiscaux et contractuels.
Toutefois, le CNPAV insiste sur un point essentiel. Selon la coalition, l’audit ne doit pas se limiter à un simple exercice administratif. Il devrait déboucher sur des enquêtes judiciaires en cas de détournement ou de corruption.
La coalition évoque également plusieurs questions qui devront être examinées. Parmi elles figurent la négociation de la convention, le financement des infrastructures, et l’acquisition de licences minières. Le développement du barrage hydroélectrique de Busanga ne devrait pas être exclu.
Par ailleurs, la CNPAV rappelle le paiement de 22,5 millions de dollars de jetons de présence aux membres de la précédente commission de renégociation du contrat Sicomines, un point qui devrait aussi être clarifié.
Enfin, la coalition insiste sur la nécessité de rendre public les résultats de l’audit. Selon elle, cette transparence permettra de renforcer le contrôle citoyen et de restaurer la confiance entre l’État et la population.

