Lubumbashi : 120 enfants relâchés de la BCRS, la CNDH s’alarme

Lubumbashi : 120 enfants relâchés de la BCRS, la CNDH s’alarme

Lubumbashi, la situation des enfants en rupture familiale continue de susciter de vives inquiétudes. Au lendemain de la descente effectuée par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) à la Brigade criminelle de recherche et de surveillance (BCRS), lundi 9 mars 2026, les 120 enfants qui y étaient gardés depuis plus d’un mois ont été relâchés. Le coordonnateur provincial de la CNDH salue et s’inquiète en même temps du relâchement des enfants.

Aussitôt sortis du cachot, ces mineurs se sont dispersés dans la ville. Plusieurs témoins parmi lesquels les élèves du lycée Tshondo affirment les avoir vus quelques heures plus tard au niveau du pont Tshondo, près de la rivière Lubumbashi, où ils se baignaient. La scène a surpris les habitants du quartier. « Ils étaient nombreux. Ils venaient visiblement de sortir du cachot et sont allés directement vers la rivière », raconte un riverain.

Cependant, cette libération n’a pas tardé à provoquer une réaction de la CNDH. Cette institution se réjouit certes de la sortie de ces enfants d’un lieu de détention qu’elle juge inadapté. Selon elle, ces mineurs étaient maintenus dans des conditions déplorables, inhumaines et dégradantes.

Par ailleurs, la CNDH révèle qu’après son passage à la BCRS et les différentes publications des médias sur la situation de ces enfants, les responsables de cette unité de police auraient tenté de transférer les mineurs vers le Tribunal pour enfants. Toutefois, selon toujours cette institution, le tribunal aurait refusé de les recevoir en raison de leur nombre élevé. C’est dans ce contexte que ces enfants ont finalement été relâchés.

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La CNDH dénonce un retour à la rue

Toutefois, la CNDH exprime une vive inquiétude. Pour elle, remettre ces enfants dans la rue constitue un risque majeur. « Les retourner dans la rue, c’est les exposer immédiatement à une grande vulnérabilité », alerte l’organisation.

En effet, rappelle-t-elle, lorsque les autorités provinciales avaient récupéré ces enfants dans la rue, l’objectif affiché était de les encadrer et de réduire leur présence dans la ville de Lubumbashi. D’où l’étonnement de la CNDH face à leur retour rapide dans les mêmes conditions.

Par ailleurs, cette institution d’appui à la démocratie insiste sur une distinction importante. Prendre en charge un enfant en rupture familiale n’est pas l’arrêter ni le détenir, souligne-t-elle. Or, la situation observée à la BCRS s’apparente davantage à une détention qu’à une mesure de protection.

Face à cette situation, la CNDH rappelle la responsabilité du gouvernement provincial. Elle l’exhorte à mettre en place des solutions durables, notamment des structures d’hébergement sécurisées et un véritable programme d’encadrement.
Elle rappelle que la loi sur la protection de l’enfant impose que l’intérêt supérieur de l’enfant soit pris en compte en toute circonstance. Aussi, elle recommande que les futures opérations visant les enfants de la rue soient menées en concertation avec elle , les criminologues et d’autres acteurs spécialisés, afin d’éviter que ces mineurs ne retombent, une fois de plus, dans le cercle de la rue.