RDC -Environnement : mine artisanale propre, villes sales ?
La mine artisanale de Shabara à 50 Km de la ville de Kolwezi pourrait-elle être un exemple d’un environnement propre? Ce site minier qui accueille 15 000 creuseurs artisanaux est plus propre que la plupart des villes de la RDC. Pas de papier ni des déchets plastiques qui trainent sur le sol. La coopérative qui gère cette mine artisanale a mis en place une stratégie de gestion environnementale et une discipline.
Dès que l’ on franchit la barrière à l’ entrée du site minier artisanal de Shabara au village Kawama, l’ environnement change. Sur les remblais qui entourent la mine, on y voit que la terre. Aucun déchet n’ est perceptible. Dans les allées, tout est propre. Aucun papier au sol, ni bouteilles ou autres plastiques. Sous un hangar, une poubelle y est placé.
Dans le bureau de la coopérative minière du Katanga, COMAKAT, un agent de la sécurité s’incline pour ramasser un bout de papier qu’un visiteur laisse tomber.
» Si je laisse trainer ce bout de papier, j’ aurai de problème« , dit-il.
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Une discipline inattendue
En RDC, une mine artisanale est souvent synonyme de chao, de désordre et des déchets éparpillés. Ce site minier à Kawama prouve le contraire . Et pourtant il accueille à ce 15 000 creuseurs artisanaux. Ici, la discipline est la règle. Un service de l’environnement de la coopérative sensibilise les membres sur le propreté de leur espace de travail. En cas de violation des règles, le service de sécurité du site applique des sanctions.
» Si un creuseur jette du papier, un bouteille, une canette ou n’importe quel déchet et que je l’identifie, il n’aura pas accès au site d’extraction durant la journée. Ainsi, il est privé de sa recette du jour , explique le chargé de la sécurité.
De ce fait, tous les mineurs se conforment et la discipline y est établie. Par ailleurs, des poubelles en plastique sont placées à certains endroits notamment aux alentours du restaurant du site.
S’agissant des sacs utilisés par les creuseurs pour le transport des produits , ils sont également recyclés atteste Augustin Mujinga, directeur général de la coopérative minière du Katanga, COMAKAT.
» Dès que les produits miniers sont chargés sur les camions, nous récupérons tous les sacs et nous brulons. Au cas ou il pleut, nous attendrons pour les sécher au soleil avant d’y mettre du feu, dit-il. En effet, ici, aucun sac usé ne traine au sol. Les seuls sacs visibles sont ceux contenant des produits miniers en attendant leur évacuation vers les unités de traitement.
Contraste
A moins d’un kilomètre de là, c’est le village Kawama. La plupart des mineurs artisanaux de Shabara vivent ici, certains , avec leurs familles. Cependant la situation environnementale contraste avec celle de la mine. Dans le village, les rues sont couvertes des déchets. Lorsqu’il pleut, les eaux charrient les bouteilles, les déchets plastiques et tous les détritus vers l’artère principale.
En effet, le village Kawama est géré à l’image des la plupart des villes en RDC. Il n’existe pas de politique environnementale, déplore Michel Bizimungu, directeur adjoint de la coopérative COMAKAT. » Ce qui manque à nos , c’est la discipline. Si on peut maintenir propre un site minier artisanal fréquentés quotidiennement par des milliers des creuseurs, il est donc possible de le faire aussi dans nos ville’‘, dit-il.
Pendant que le citadins se plaignent d’un environnement sale, l’expérience de cette mine pourrait inspirer les villes.

