Lubumbashi : des déplacés de guerre abandonnés à leur triste sort

Lubumbashi : des déplacés de guerre abandonnés à leur triste sort

À Lubumbashi, la détresse de plus de 180 familles déplacées de guerre du Nord et du Sud-Kivu éclate au grand jour. Ce mardi 17 mars,ces familles venues à pied de différents quartiers de la capitale du cuivre se sont rassemblées devant le Gouvernorat du Haut-Katanga. Elles espéraient une assistance humanitaire mais sans succès.

En effet, ils sont plus de 300 personnes réparties en 185 familles. Ces déplacés de Guerre du Nord et Sud Kivu, sont à Lubumbashi depuis plusieurs mois. Parmi eux, figurent des femmes, des enfants, des vieillards  vivant en situation précaire à Lubumbashi. Elles ont organisé un sit in ce mardi 17 mars, devant le bâtiment du Gouvernorat du Haut-Katanga.

Des familles sans assistance

En outre, ces familles disent avoir suivi les directives administratives. Ainsi, elles ont écrit aux autorités de la place pour leur réintégration. « Nous avons déjà écrit à l’Assemblée Provinciale et au ministère de l’intérieur. C’est pour recevoir une aide humanitaire » raconte Paul Bya Mungu président de ces déplacés de Guerre. Et de poursuivre « malgré nos correspondances, nos cris d’alarme sont restés sans réponse favorable.»

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Par ailleurs, Paul Bya Mungu s’interroge si les droits humains des déplacés de Guerre sont aussi garantis. « Nous sommes abandonnés à notre triste sort. Nous n’avons ni maison, ni nourriture, ni médicaments.»

Une crise humanitaire ignorée ?

Pour Me Hubert Tshiswaka, défenseur des droits humains, la scène est révoltante. Cet accompagnateur de ces victimes de guerre est très indigné. « Nous sommes profondément choqués. Aucune autorité n’est sortie pour s’entretenir avec ces déplacés malgré tous nos efforts », déplore-t-il.

Ensuite, il insiste sur l’absence totale de réponse institutionnelle. « J’ai écrit à tous les services de sécurité sur la situation que traversent ces déplacés de guerre, personne ne s’occupe d’eux.»

Face à cette impasse, la tension monte. L’ONG IRDH de Me Tshiswaka se dit dépassée. « L’État a refusé de prendre ses responsabilités. Nous les abandonnons aussi devant le Gouvernorat », conclut Me Hubert Tshiswaka.Ainsi, jusque 16 heures, ces familles sont restées clouées sans aucune assistance. Elles se sont décidées d’y passer la nuit jusqu’à ce que leur cri soit entendu et répondu par les autorités.