Lubumbashi : des vendeuses des marchés sensibilisées à leurs droits
Dans le cadre de la célébration du mois dédié aux droits des femmes, huit femmes et deux hommes de l’organisation Young Working Ladies Centre ont effectué, ce lundi 23 mars 2026, une descente dans trois marchés de la ville de Lubumbashi. Il s’agit du marché Double Poteaux, situé au quartier Kalubwe, du marché Moïse, du côté Kasapa, ainsi que du marché Kamatete. L’objectif est de Sensibiliser les vendeuses sur leurs droits.
Elles étaient faciles à identifier. En effet, les femmes de Young Ladies portaient toutes des polos blancs. Un seul message y était inscrit : « Une voix, un combat, nos droits. »
Réparties en groupes de deux par Anie Mukuna, coordinatrice provinciale de la structure, les équipes parcouraient les rangées. Étalage après étalage, elles échangeaient avec les vendeuses.
Par ailleurs, chacune disposait d’une fiche et d’un stylo. Cela permettait d’écrire les noms et les coordonnées téléphoniques des femmes qui acceptaient de dialoguer avec les sensibilisatrices.
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Entre réticences et adhésion
Avant d’aborder les vendeuses, les membres de l’équipe se présentaient d’abord. Puis, elles posaient des questions simples.
Par exemple, Desanges Mukumbi a sensibilisé les marchandes du rayon où se vendent les poulets sur pied. Cependant, devant l’étalage d’Esther Manyonga, la tâche n’a pas été facile. La vendeuse s’est montrée hésitante. Finalement, c’est après insistance qu’elle a accepté l’entretien.
À la question de savoir si elle connaît le concept des droits de la femme, Esther répond qu’elle en a déjà entendu parler. Toutefois, elle rejette cette notion en raison de ses convictions religieuses.
« Personnellement, je refuse ces histoires de droits des femmes, ou de parité. Ce n’est pas biblique. Je dois respecter la Bible qui dit que la femme doit être soumise et que l’homme est le chef », affirme-t-elle.
En revanche, Tercia Tshiyoyo reconnaît certains droits. Notamment, le droit de travailler et celui d’être respectée. Néanmoins, elle souligne une réalité préoccupante.
« Ici, au marché, c’est notre lieu de travail. Cependant, il y a des hommes qui n’acceptent pas que nous, les femmes, puissions exercer le commerce. Ils pensent que notre place est à la cuisine et à la maternité. Voilà pourquoi il y a beaucoup de dérapages dans leur langage. Parfois, du harcèlement verbal. »
Ainsi, les points de vue restent partagés. Mais les difficultés sont bien réelles.
Un plaidoyer pour un soutien aux femmes
De son côté, Hélène Muswamba salue l’initiative de Young Ladies. Cependant, elle appelle à des mesures concrètes.
Elle plaide notamment pour l’exonération de certaines taxes en faveur des femmes entrepreneures.
« Les femmes sont encore pauvres, car c’est à peine qu’elles commencent à entreprendre. Si le gouvernement peut exonérer certaines taxes, cela encouragerait l’entrepreneuriat féminin. »
Elle insiste aussi sur le poids des crédits bancaires.
« Nous travaillons avec des crédits bancaires. Mais parfois, nous nous retrouvons en train de travailler juste pour rembourser les crédits à la banque. Car les taxes sont exorbitantes », explique-t-elle.
D’après Annie Mukuna, les femmes qui seront identifiées , prendront part à une conférence en vue de renforcer leur connaissance sur les droits des femmes.
Il faut noter qu’avant cette descente dans les marchés, l’organisation Young Working Ladies a tenu une conférence de presse à l’Institut français de Lubumbashi.
Ainsi, la structure a lancé une série d’activités prévues pour cinq jours. Celles-ci s’inscrivent dans le cadre de la célébration du mois des droits des femmes.
Au programme, notamment : des ateliers sur le sport et le bien-être, des sessions sur la vie privée et la vie professionnelle, ainsi que des formations sur le leadership féminin. Il est enfin prévu une foire destinée aux femmes.

