RDC-IRI : seuls 13 % des femmes dans le secteur minier

RDC-IRI : seuls 13 % des femmes dans le secteur minier

 Une table ronde consacrée au rôle des femmes dans le secteur minier a vécu ce mercredi 25 mars 2026, à Lubumbashi. Organisée par l’International Republican Institute (IRI), la rencontre a réuni les femmes oeuvrant dans les entreprises minières, celles des organisations de la société civile et les journalistes. L’objectif était de réfléchir et d’analyser ensemble  le rôle que jouent la femmes dans le secteur minier. 

D’entrée de jeu, les échanges ont mis en lumière une réalité persistante. En effet, les femmes restent minoritaires dans l’industrie minière. À l’échelle mondiale, elles représentent entre 5 % et 15 % de la main-d’œuvre. En République démocratique du Congo, cette proportion tourne autour de 13 %. Cependant, leur présence est plus visible dans l’exploitation artisanale que dans les grandes entreprises.
« Les femmes jouent un rôle crucial, mais souvent invisible et sous-estimé », a déclaré Majda El Bied directrice de l’IRI lors de son intervention. « Elles sont très actives dans le lavage, le tri, le transport des minerais ou encore le commerce, mais restent absentes des postes décisionnels », a-t-elle ajouté.

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Une présence essentielle mais marginalisée

Toujours dans les mines artisanales, les femmes occupent une place centrale, explique Majda El Bied . Les femmes interviennent dans des tâches pénibles. Elles participent également aux activités commerciales, notamment comme négociantes. Par ailleurs, certaines s’engagent dans des initiatives d’entrepreneuriat et de protection de l’environnement. C’est notamment à travers le recyclage des déchets miniers ou la reforestation.

Cependant, cette implication se heurte à de nombreux obstacles indique la directrice de IRI. D’abord, les stéréotypes de genre persistent. Ensuite, la culture d’entreprise reste largement masculine. De plus, les femmes font face à un accès limité au financement et aux opportunités de formation.
« Elles sont confrontées à des risques sécuritaires, au manque d’équipements adaptés et au harcèlement », a souligné la même source. « Malgré cela, on observe une montée progressive du leadership féminin dans le secteur », a-t-elle insisté.
En outre, dans les communautés minières, les femmes subissent aussi des pressions sociales. Elles sont souvent contraintes d’utiliser leurs revenus pour subvenir aux besoins familiaux. Par conséquent, leur autonomisation économique reste fragile.

Quatre groupes, des rôles spécifiques

De son côté, Florence Kanfwa, vice-présidente de Women in Mining RDC (WIM), l’une de paneliste a identifié quatre groupes de femmes dans le secteur minier. Il s’agit de celles employées  dans les entreprises minières formelles, de celles qui sont dans l’artisanat minier. Ensuite, il y a les femmes de l’administration publique et enfin, celles qui s’engagent dans la société civile. Et  chaque groupe a un rôle spécifique à jouer pour faire avancer la cause des femmes.

Pour les femmes évoluant dans les entreprises minières, Florence Kanfwa a insisté sur leur responsabilité dans la promotion de l’égalité. « Elles doivent militer pour l’inclusion du genre et influencer les politiques de recrutement et de promotion », a-t-elle déclaré. Elle a également appelé à la tolérance zéro face aux discriminations et au harcèlement au sein des entreprises minières.

Concernant les femmes de l’artisanat minier, leur rôle est tout aussi crucial. Elles sont invitées à lutter contre le travail des enfants et à améliorer les conditions de sécurité sur les sites. « Elles doivent aussi se protéger et éviter d’exposer leurs enfants aux risques de l’exploitation des mines », a ajouté Florence Kanfwa.
S’agissant des femmes de l’administration publique, leur mission consiste à renforcer l’application des lois en matière d’égalité et de protection. Enfin, celles de la société civile sont appelées à poursuivre le plaidoyer et la sensibilisation.

Enfin, les participantes ont soulevé les questions de stéréotype et du  harcèlement dont sont victimes plusieurs femmes aux seines des entreprises minières. Les participantes ont également souligné la nécessité de mener des actions concertées. Car, malgré les défis, les opportunités existent. C’est notamment dans la formation, l’entrepreneuriat et l’accès aux postes de prise des décisions. Ainsi, la promotion des femmes dans le secteur minier apparaît comme un levier essentiel pour un développement inclusif.