Sud Kivu: près de 15 000 personnes déplacées en février selon OCHA

Sud Kivu: près de 15 000 personnes déplacées en février selon OCHA

Au Sud-Kivu, l’intensification des affrontements armés continue de bouleverser des milliers de vies. Entre les déplacements massifs, l’insécurité alimentaire et les flambées épidémiques, la province fait face à une crise multidimensionnelle. Selon OCHA dans son rapport mensuel publié ce 24 Mars les besoins humanitaires restent immenses malgré une mobilisation accrue des acteurs sur le terrain.

Cette organisation indique e effet que les violences persistantes dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, notamment Uvira, Fizi, Kabare et Kalehe, ont provoqué de nouveaux déplacements de populations, aggravant une situation déjà critique. Au 28 février 2026, la province compte environ 1,25 million de personnes déplacées internes, tandis que près de 995 000 personnes sont retournées dans leurs zones d’origine, souvent sans garanties de sécurité ni conditions de vie adéquates.

Lire aussi: Sud-Kivu: selon OCHA l’insécurité aggrave la crise humanitaire

Dans le territoire de Kalehe, les affrontements armés dans les Hauts Plateaux ont fait au moins 16 morts entre le 16 et le 22 février. Ils ont entrainé la fuite d’environ 20 000 personnes. Les axes routiers, notamment la route nationale numéro 3, restent difficilement praticables. Cette situation complique l’acheminement de l’aide humanitaire. À Kabare, des combats localisés ont également perturbé les activités économiques. Ces conflits ont causé la mort de civils et ils ont accentué la peur au sein des communautés.

Par ailleurs, à Uvira et Fizi, les violences ont forcé des dizaines de milliers de personnes à abandonner leurs habitations. À Uvira, près de 15 400 personnes ont été déplacées en février, tandis qu’à Fizi, environ 16 600 habitants ont fui des affrontements. Ils vivent désormais dans des conditions précaires avec un accès limité aux soins et à la nourriture.

9 000 personnes ont été deplacées

Dans le territoire de Walungu, environ 9 000 personnes ont été contraintes de se déplacer début février. Elles sont hébergées dans des familles d’accueil. Ces personnes font face à des besoins urgents en nourriture, eau, abris et services de base. À Shabunda, plus de 11 400 personnes ont également été déplacées. Les activités économiques sont paralysées par les violences et les pillages.

Au-delà de l’insécurité, la crise alimentaire s’intensifie. Près de 1,99 million de personnes sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Si près de 200 000 personnes ont reçu une assistance alimentaire en février, les besoins dépassent largement les capacités actuelles des intervenants, soutient OCHA

La situation sanitaire reste préoccupante au Sud Kivu

La situation sanitaire reste tout aussi préoccupante. En février, la province a enregistré 891 nouveaux cas de Mpox. Des cas de choléra et de rougeole, avec plusieurs décès y sont aussi signalés. Malgré ces défis, près de 14 500 personnes ont pu accéder à des soins de santé essentiels grâce aux interventions humanitaires indique OCHA.

Les efforts se poursuivent également dans le domaine de la nutrition. Plus de 1 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été pris en charge. Et 13 000 cas de malnutrition modérée ont bénéficié d’une assistance. Des campagnes de sensibilisation ont touché plus de 100 000 personnes sur les bonnes pratiques alimentaires.

Face à l’ampleur de la crise, les acteurs humanitaires insistent sur plusieurs priorités : améliorer l’accès aux zones enclavées, renforcer la réponse sanitaire face aux épidémies, et intensifier l’assistance aux populations déplacées. La protection des civils, notamment contre les violences physiques et sexuelles, reste également un enjeu majeur.