Florence Kanfwa : un parcours construit sur la détermination.
Figure engagée du secteur minier en RDC, Florence Kanfwa s’impose aujourd’hui comme une actrice clé de l’autonomisation des femmes. De la Gécamines aux salles de cours de l’ISP Lubumbashi, le parcours de Florence Kanfwa illustre une ascension construite sur la rigueur et la détermination.
L’histoire professionnelle de Florence Kamfwa débute à la Gécamines. Engagée le 2 novembre 1990, elle intègre le laboratoire EMT en tant que chimiste. Elle participe aux analyses essentielles à la commercialisation des minerais. Très vite, ses compétences attirent l’attention. Ensuite, un virage s’opère. Ses aptitudes en informatique sont détectées. Elle est envoyée en formation, à une époque où le secteur est encore peu développé.
Progressivement, elle évolue. Elle devient informaticienne, puis accède à des fonctions de direction au sein du département informatique.
« À la Gécamines, j’ai appris la discipline et le travail bien fait. C’était une grande école pour moi », déclare-t-elle.
Cependant, son ascension se heurte à plusieurs obstacles. Dans un environnement majoritairement masculin, elle doit constamment prouver sa valeur. Les préjugés persistent. Son statut de femme mariée est questionné. Pourtant, elle tient bon. Elle s’impose par ses compétences. Elle argumente et surtout, elle refuse de se laisser limiter.
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Quand un autre chemin s’ouvre
Par la suite, elle entame une nouvelle étape dans sa carrière. En 2009, elle est sollicitée par l’ISP Lubumbashi. Après une première hésitation, elle accepte. Elle commence par enseigner l’informatique. Puis, progressivement, elle revient à sa formation initiale en chimie. Dès lors, l’enseignement devient une vocation.
« Au début, c’était comme un jeu. Mais avec le temps, j’ai appris à aimer ce métier et à transmettre aux jeunes », explique-t-elle.
Ainsi, Florence combine enseignement et recherche. Doctorante en chimie, elle encadre également des étudiants. Son rôle dépasse le cadre académique. Elle accompagne, conseille et partage son expérience.
Mais les défis restent présents. L’enseignante doit concilier vie professionnelle et vie familiale. Mère de six enfants, elle organise son quotidien avec rigueur. Elle s’adapte et elle avance.
En 2016, un nouveau tournant intervient. Florence Kamfwa rejoint le ministère du Genre. Là, elle découvre le travail avec la société civile. Elle échange avec des ONG, des partenaires et des institutions publiques. Progressivement, elle élargit son champ d’action.
Puis, elle s’engage activement dans la défense des droits des femmes. Elle accompagne également des personnes vulnérables, notamment celles vivant avec handicap, à travers sa fondation. Enfin, elle intègre Women in Mining, une plateforme dédiée à la promotion des femmes dans le secteur extractif.
« Je n’ai jamais accepté qu’on marche sur moi. Aujourd’hui, je me bats pour que les femmes connaissent leurs droits et s’imposent », affirme-t-elle.
Les défis ne constituent pas une barrière
Cependant, les défis demeurent. Les stéréotypes de genre persistent. L’accès des femmes aux postes de décision reste limité. Le manque de confiance constitue aussi un frein pour plusieurs femmes. Face à ces réalités, Florence Kanfwa mise sur le coaching et l’autonomisation.
Coach certifiée en développement personnel, elle œuvre pour renforcer les capacités des femmes. Elle les encourage à entreprendre, quelle que soit l’activité. Son objectif est de promouvoir l’indépendance économique, même à petite échelle. Florence adresse un message clair aux femmes.
« J’encourage chaque femme à croire en elle. Peu importe son activité, elle doit avancer, créer et devenir maîtresse de son temps », lance-t-elle.

