Lubumbashi: les étudiants entrepreneurs appellent au soutien
À Lubumbashi, la deuxième édition du Forum des étudiants entrepreneurs a réuni étudiants, autorités et partenaires autour d’un même enjeu transformer le potentiel des jeunes en emplois concrets. Entre les interpellations et les engagements, ce 27 mars le débat a mis en lumière le fossé entre les idées et l’accompagnement.
En effet, dans un contexte marqué par un chômage persistant des jeunes diplômés dans le Haut-Katanga, le Forum des étudiants entrepreneurs de Lubumbashi s’est imposé comme un espace de dialogue entre la jeunesse et les décideurs. Dès l’ouverture des échanges, le président provincial des étudiants du Haut-Katanga a livré un message fort, traduisant les attentes de toute une génération. « Nous ne demandons pas la facilité, mais une chance » a-t-il déclare.
Les étudiants entrepreneurs veulent être soutenus
De plus, il appelle les chefs d’entreprises ainsi que les autorités à une meilleure prise en compte du potentiel des étudiants. Selon lui, le principal problème ne réside pas dans le manque de talents, mais dans l’absence d’accompagnement structuré.« Le véritable problème de notre jeunesse n’est pas le manque de talents, mais le manque d’accompagnement »insiste t il. Il a par ailleurs évoqué des projets étudiants souvent abandonnés faute de financement ou de soutien. Il a également appelé à un changement de perception. « Ne voyez pas les étudiants comme des demandeurs d’emploi, mais comme des créateurs d’emplois » dit il. Il plaide pour un investissement réel dans les initiatives jeunes.
Pour les étudiants, l’entrepreneuriat représente aujourd’hui une alternative concrète face au chômage. Mais le manque d’encadrement et de financement freine encore de nombreux projets. « Derrière chaque étudiant, il y a une idée, et derrière chaque idée, une opportunité », a rappelé leur représentant, appelant à transformer ces idées en entreprises viables.
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Un appel à la mobilisation collective pour un accopagnement
En réponse, la députée Bernatard Kilufia, organisatrice du forum, a reconnu la pertinence des préoccupations soulevées. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer les stages professionnels, considérés comme un passage clé vers l’emploi. « Le stage est un pont indispensable entre la formation académique et le monde professionnel » affirme t elle. En outre, elle invite les entreprises à s’impliquer davantage afin de soutenir les étudiants. Elle a également évoqué les difficultés des jeunes entrepreneurs, notamment l’accès limité aux marchés et les exigences d’expérience. « On demande plusieurs années d’expérience à ceux qui veulent commencer » déplore t elle.
Au-delà des constats, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une action commune entre les autorités, les entreprises et les partenaires économiques pour créer un environnement favorable à l’entrepreneuriat des jeunes. Les participants ont également souligné l’importance de renforcer les liens entre institutions académiques et monde professionnel afin de faciliter l’insertion des diplômés.
Une ouverture vers la coopération régionale
Toutefois, les représentants consulaires de la Namibie, de la Zambie, de l’Afrique du Sud et de l’Angola ont exprimé leur volonté de renforcer la coopération avec les institutions locales. Ils ont appelé à un partage d’expériences et à une collaboration accrue pour accompagner la jeunesse congolaise. Ce forum rappelle une réalité essentielle la jeunesse est prête à entreprendre, mais sans accompagnement concret, son potentiel risque de rester inexploité.

