RDC : le combat de Simon Kimbangu, de la prophétie à la reconnaissance nationale
La République démocratique du Congo célèbre, ce lundi 06 avril, la Journée du combat de Simon Kimbangu et de la conscience africaine. Cette date, désormais fériée, est chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national. Elle symbolise la résistance spirituelle et l’émancipation face à la domination coloniale.
Instaurée par l’ordonnance n°23/042 du 30 mars 2023 du président Félix Tshisekedi, cette journée consacre un combat longtemps marginalisé. Mais aujourd’hui reconnu comme fondateur dans l’éveil des consciences africaines.
Né en 1887 dans le Kongo-Central, Simon Kimbangu entame son ministère le 6 avril 1921 à Nkamba. C’est cette contrée, qu’il affirme avoir reçu une révélation divine. Ensuite, il réalise une guérison miraculeuse. Très vite, la nouvelle se répand.
Son message est fondé sur l’egalité raciale, la justice sociale et la libération de l’homme noir. Dans le contexte du Congo belge, ses prêches prennent une dimension politique. Ainsi, ils dénoncent les injustices coloniales et appellent à une décolonisation des esprits.
Par ailleurs, ses prophéties marquent profondément les esprits. Il annonce notamment la fin de la domination coloniale. Il déclare aussi que « les Noirs deviendront blancs et les Blancs deviendront noirs », une formule interprétée comme l’annonce d’un renversement des rapports de pouvoir. De plus, il prêche l’avènement d’un monde de justice et d’égalité entre les peuples.
En outre, il critique ouvertement les abus du système colonial. Il appelle les Congolais à se détourner des structures imposées par les colons, notamment certaines missions religieuses européennes. Ces prises de position renforcent son influence. Mais elles inquiètent aussi l’administration coloniale.
Arrestation et condamnation
Cependant, les autorités coloniales s’inquiètent. Une enquête pour sédition est ouverte, menée par Léon Morel. Une première tentative d’arrestation échoue le 6 juin 1921.
Puis, le 11 septembre 1921, Simon Kimbangu se rend. Le lendemain, soit le 12 septembre 1921, il est arrêté. Ensuite, il est jugé par un tribunal militaire.
Le 3 octobre 1921, il est condamné à mort à Élisabethville. La sentence est prononcée par le juge colonial Jean-Joseph Hemptinne. Mais elle est commuée en prison à perpétuité par le roi des Belges Albert Ier.
Dès lors, il est transféré à la prison de haute sécurité d’Élisabethville, aujourd’hui Lubumbashi. Il y passe 30 ans de détention, de 1921 à 1951.
Finalement, il meurt en prison le 12 octobre 1951. Il est enterré le 13 octobre 1951 à Élisabethville.
Mais son histoire ne s’arrête pas là.
En effet, son corps est exhumé en 1960, neuf ans plus tard. Ensuite, il est transféré et réinhumé à Nkamba, dans le Kongo-Central, son village natal.
A lire aussi, 18 morts: l’église Kimbanguiste en deuil
Héritage et reconnaissance nationale
Entre-temps, son message survit. Il donne naissance à l’Église de Jésus-Christ sur la Terre par le Prophète Simon Kimbangu, reconnue officiellement le 24 décembre 1959.
Plus tard, la RDC franchit une étape décisive. Le 28 mars 2024, le gouvernement reconnaît officiellement son combat pour l’émancipation de l’homme noir.
Désormais, chaque 6 avril, le pays lui rend hommage. Cérémonies, marches, et activités culturelles. À Lubumbashi comme ailleurs, les fidèles et les autorités commémorent son héritage.
Ainsi, plus d’un siècle après le début de son ministère, le message de Simon Kimbangu demeure vivant. Un message de foi. Mais aussi de dignité. Une mémoire qui continue d’éclairer la conscience africaine.

