Lubumbashi : alerte sanitaire est lancée aux éleveurs

Lubumbashi : alerte sanitaire est lancée aux éleveurs

A Lubumbashi ce 09 avril 2026, une alerte sanitaire est lancée. Le docteur vétérinaire Samuel Beya, coordonnateur provincial de la division de la promotion pêche, aquaculture et élevage, met en garde contre la recrudescence de la maladie de Newcastle à Lubumbashi. Une épizootie silencieuse, mais aux conséquences potentiellement lourdes pour les éleveurs et les ménages.

D’emblée, le spécialiste décrit une maladie  virale très contagieuse qui touche principalement les volailles, notamment les poules, les pintades et les canards. « C’est une véritable menace pour les éleveurs », insiste-t-il. Et pour cause, la maladie de Newcastle peut décimer un élevage en quelques jours.

En effet, les risques sont multiples. D’une part, la sécurité alimentaire est directement menacée. D’autre part, les revenus des ménages peuvent chuter brutalement. « Elle constitue une menace importante pour la sécurité alimentaire et les revenus des ménages dans notre province », alerte le docteur Samuel Beya.
Par ailleurs, la transmission de la maladie est rapide et se fait par plusieurs voies : le contact entre volailles, les fientes contaminées, le matériel d’élevage ou encore les marchés non contrôlés.

Ainsi, la vigilance s’impose à tous les niveaux.
Les signes cliniques sont également préoccupants. On observe une mortalité brutale, des cas de paralysie, de torticolis, ainsi qu’une baisse de ponte. « Vous sentez qu’il y a un problème dans le poulailler », explique-t-il. Les animaux deviennent faibles, désorientés, avant de succomber.

Toutefois, la maladie reste peu dangereuse pour l’homme. Dans de rares cas, elle peut provoquer une légère irritation oculaire. « L’homme a une immunité plus forte. Les effets restent légers », précise le vétérinaire, tout en appelant à la prudence.
Le constat est cependant sans appel, il n’existe pas de traitement curatif. « Les pathologies virales ne se soignent pas », martèle-t-il. En conséquence, dans la majorité des cas, la mort des animaux est inévitable, entraînant des pertes économiques considérables pour les éleveurs.

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La prévention, seule arme efficace

Face à cette situation, la prévention s’impose comme la seule stratégie efficace. Et surtout, la vaccination. « L’unique chose à faire, c’est vacciner », insiste le docteur Samuel Beya. Il recommande ainsi le strict respect du calendrier vaccinal, dès les premiers jours d’élevage et tout au long du cycle de production.

De plus, des mesures de biosécurité doivent être rigoureusement appliquées. Il faut limiter les visites dans les poulaillers, assurer une désinfection régulière, isoler les nouveaux animaux et éviter les marchés non contrôlés. Autant de gestes simples, mais essentiels pour contenir la propagation.

Dans ce contexte, les autorités vétérinaires intensifient leurs actions, notamment à travers des campagnes de sensibilisation, l’encadrement des éleveurs et la surveillance de l’évolution de la maladie. « Nous travaillons avec les services vétérinaires pour organiser la riposte », explique-t-il.

Le spécialiste met également en garde contre l’automédication, une pratique en hausse mais risquée. « Nous appelons la population à signaler rapidement les cas suspects et à éviter l’automédication », prévient-il.

Sur le terrain, certains éleveurs se veulent toutefois rassurants. À Lubumbashi, Ubert Tshiswaka, propriétaire d’une ferme, affirme ne pas être touché. « Mes poules et mes pintades sont en bonne santé. Elles mangent normalement. Il n’y a rien d’anormal », témoigne-t-il. Il évoque notamment l’alimentation traditionnelle et la résistance des races locales.

Mais les autorités restent prudentes. La maladie évolue rapidement et peut frapper à tout moment.

Samuel Beya a lancé l’appel et dit, la lutte contre la maladie de Newcastle repose sur une responsabilité collective. Éleveurs, services vétérinaires et médias sont appelés à se mobiliser pour freiner la propagation et protéger un secteur vital pour l’économie locale.