Lubumbashi: les enseignants des écoles publiques sont-ils en grève ?
La reprise des cours après les vacances de Pâques a été perturbée ce lundi dans plusieurs écoles publiques de Lubumbashi. Dès le premier jour, les élèves et les parents ont été confrontés à une situation inhabituelle dans les établissements scolaires. L’ambiance était marquée par l’absence d’activités pédagogiques. Cette rentrée compromise suscite déjà des inquiétudes sur la continuité du calendrier scolaire.
Dans les salles de classe ce lundi matin, les élèves des écoles publiques se sont retrouvés sans enseignants. Seul le personnel de direction était présent. Au lycée Tuendelee par exemple, ce sont les chefs de classe , aussi élèves, qui se sont occupés de leurs collègues. Ceux de l’institut Salama sont retournés à la maison. A l’école primaire Imara, les enfants ont été gardés dans les salles de classe jusqu’à 12 heures malgré l’absence d’enseignants. Un élève témoigne de la confusion générale ressentie dans les classes. « Le maître n’est pas venu. On n’a pas étudié, on ne sait pas pourquoi. C’est dans toutes les classes » déclare-t-il.
En effet, plusieurs écoles publiques de la ville de Lubumbashi ont connu une journée fortement perturbée.
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Du côté des parents à Lubumbashi , l’inquiétude est également palpable. Certains disent avoir été informés de manière informelle de la situation, sans communication officielle claire des établissements. Patrick Monga, un parent rencontré à l’entrée du collège Imara explique que les élèves n’ont pas étudié : « Mon fils me dit qu’ils n’ont pas étudié. Nous apprenons que nous allons vers une grève. Si c’est le cas, alors c’est triste ,» dit-il. Il a par ailleurs exprimé son inquiétude face à la continuité de l’année scolaire.
Le ministère de l’Éducation était averti
Selon les informations recueillies auprès des représentants syndicaux, cette situation n’est pas surprenante. Le président du syndicat des enseignants catholiques, SYNECAT, Banza Ilunga, affirme que le ministère de tutelle avait été averti du risque d’une grève. En effet, le 21 mars, les enseignants avaient conditionné la reprise des cours après les vacances de Pâques à la paie du salaire. Celle-ci concerne les mois de février et mars.
« Le ministère était déjà prévenu de cette menace de grève. Les enseignants avaient dit clairement que si pendant les vacances ils ne sont pas payés, ils ne reprendront pas les cours au retour. Donc, si aujourd’hui les enseignants n’ont pas repris le chemin de l’école, cela signifie simplement qu’ils n’ont pas été payés » explique-t-il.
De plus, il précise que cette situation ne concerne pas uniquement quelques établissements publics. Cependant, elle touche l’ensemble des écoles, y compris celles du réseau catholique. Ce qui accentue l’ampleur de la perturbation dans le secteur éducatif. Face à cette tension, le SYNECAT devrait tenir une réunion avec les enseignants afin d’évaluer la situation. Cette rencontre pourrait être déterminante pour éviter une grève généralisée ou, au contraire, officialiser l’arrêt des cours dans les jours à venir.

