Haut-Katanga: violation droit de l’homme, la CNDH dresse un tableau sombre
La situation des droits humains demeure préoccupante dans la province du Haut-Katanga. Ce constat ressort du rapport présenté mardi 19 mai 2026 par le coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme à Lubumbashi. La CNDH recommande le renforcement de l’autorité de l’État et l’application stricte des sanctions disciplinaires.
Dans ce document, la CNDH dresse un tableau sombre des violations de droits de l’homme enregistrées depuis le début de l’année 2026. L’institution d’appui à la démocratie évoque notamment des assassinats, des arrestations arbitraires, des cas de pollution environnementale. Elle parle aussi des atteintes aux libertés publiques ainsi que des violations des droits sociaux et économiques.
« La situation reste préoccupante. Les mêmes types de violation reviennent régulièrement et certains cas sont plus visibles qu’en 2025 », indique la CNDH.
Selon la CNDH, plusieurs cas de criminalité urbaine sont signalés quotidiennement à Lubumbashi. Le rapport parle de tueries commises aussi bien le jour que la nuit, de vols et d’attaques contre des citoyens.
Parmi les cas documentés figure le meurtre du professeur géologue de l’université de Likasi au village Bungu-Bungu sur l’axe Lubumbashi-Likasi.
Plusieurs arrestations et détentions jugées arbitraires sont documentées En outre, des enlèvements, représailles et détentions visant des défenseurs des droits humains et des acteurs de la société civile sont régulièrement signalés. L’arrestation de Raphael Mututa , ancien président de la fondation Katangaise, et de Yanick, fils de feu Kyungu wa Kumwanza, figurent parmi les dossiers suivis par la commission.
Pollution et conflits liés aux activités minières
La CNDH condamne également diverses atteintes aux droits des communautés locales, ainsi que celles liées aux projets de développement et aux opérations minières. C’est par exemple le dossier de pollution de la rivière Kilongo attribuée à l’entreprise MMG. La commission cite également des cas de pollution liés aux activités de l’entreprise minière CDM. Elle déplore que plusieurs victimes n’auraient toujours pas été indemnisées.
Des cas de spoliation d’immeubles, d’accaparement des terres communautaires et de destructions méchantes de biens sont aussi documentés. C’est notamment celui de la spoliation de l’INERA.
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Violations des droits sociaux, economiques et des libertés
Au sujet des droits économiques et sociaux, la CNDH affirme avoir recensé plusieurs cas de non-paiement des salaires et primes. 400 agents scientifiques, académiques et administratifs de l’université de Lubumbashi et de l’université de Likasi ne perçoivent plus leurs dus depuis octobre 2024. Par ailleurs, la CNDH indique qu’en mai 2026, des veuves de militaires ont saisi son bureau provincial pour dénoncer l’arrêt du paiement des soldes de leurs maris décédés depuis avril 2025.
En outre, la CNDH dénonce aussi des restrictions liées aux libertés publiques et politiques.
Il s’agit notamment des tracasseries administratives imposées aux partis politiques de l’opposition lors de l’organisation des manifestations publiques. Elle décrit aussi la circulation des messages de haine, des discours incitant à la haine en toute impunité .Selon le rapport, le nombre des déplacés venus du Kivu a augmenté dans la province. 523 déplacés ont été enregistrés en mars 2026. La CNDH estime que cette situation était moins perceptible en 2025.
Dans le secteur éducatif, la commission dénonce la perception de frais scolaires jugés non autorisés et exorbitants dans plusieurs écoles de Lubumbashi. Elle déplore aussi une faible prise en charge des enfants vivant dans la rue ou en rupture familiale.
Des causes
Par ailleurs, l’institution identifie plusieurs causes principales des violations répétitives des droits humains. Elle cite notamment le non-respect des lois, le trafic d’influence, la corruption, l’impunité, l’abus de pouvoir. Aussi, elle note le tribalisme, la faiblesse des mécanismes de contrôle ainsi que le détournement des fonds publics.
Face à cette situation, la CNDH plaide pour le renforcement des mécanismes de contrôle et d’audit. Elle appelle aussi à l’organisation d’enquêtes indépendantes, au dialogue social ainsi qu’au monitoring permanent des violations des droits humains dans le Haut-Katanga.

