Kipushi : des jeunes menacent d’organiser un sit-in pour exiger l’installation du nouveau maire de la ville
Des jeunes de la ville de Kipushi, dans la province du Haut-Katanga, menacent d’organiser un sit-in dans les tout prochains jours. L’objectif de cette mobilisation est d’exiger l’installation officielle du nouveau maire de la ville. Pour eux cette étape administrative tarde malgré la nomination des nouvelles autorités urbaines.
Selon maître Lebon Sapu, l’un des initiateurs du mouvement, cette mobilisation est portée par des jeunes de Kipushi. Ces derniers affirment que la ville ne peut pleinement bénéficier de son développement tant que le maire nommé n’est pas officiellement installé. « La non-installation du maire freine le développement de notre ville. Il n’y a pas assez d’infrastructure de base. Mais, si on installe le nouveau maire, cela entrainera la construction des routes et autres infrastructures. »
Pour les initiateurs, le temps presse. « Que le gouverneur installe notre maire de la ville. » Selon eux, le sit-in permettra justement d’obtenir des réponses sur les raisons du retard.
Le ministre de l’Intérieur signe l’arrêté.
Les organisateurs préviennent également que si leur revendication n’aboutit pas, ils envisagent de passer à un autre niveau de mobilisation.
À lire aussi, Kipushi: la jeunesse s’insurge contre l’entreprise KICO
De son côté, le chercheur en gouvernance et décentralisation Jeff Mbiya explique que le processus de reconnaissance de la ville de Kipushi a déjà franchi une étape cruciale.
Il rappelle que le ministre de l’Intérieur a signé, le 22 mai 2026, un arrêté levant la mesure de surséance qui suspendait auparavant la mise en œuvre du statut de ville de Kipushi. Dans le même acte, les nouveaux animateurs de la ville, dont le maire et le maire adjoint, ont été officiellement nommés. Il s’agit de Tambwe Yambuta Justin, maire de la ville, et Mbayo Wa Lumbu, l’adjoint au maire.
Selon lui, l’installation peut être organisée par le secrétaire général à la décentralisation ou à l’intérieur, ou encore par le gouverneur de province. En attendant, l’administration de la ville continue d’être assurée par l’administrateur du territoire.
Pour le chercheur, le retard observé à Kipushi ne remet donc pas en cause son statut de ville. Il estime que le véritable débat porte désormais sur le choix des personnes désignées pour diriger la ville. Une partie de la population reproche aux autorités d’avoir nommé des responsables considérés comme non originaires de Kipushi. Il souligne toutefois que la législation congolaise ne fait pas de l’autochtonie un critère de nomination. Elle évoque plutôt la notion de communauté locale.

