Lualaba: violences à CMOC-KFM : AFREWATCH exige une enquête
Les violations des droits humains continuent à être commises dans les entreprises minières en RDC. Les dernières datent de ce vendredi 28 août 2026, au sein de la société CECC, sous-traitante de l’entreprise minière CMOC-KFM, filiale du Groupe CMOC. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre une scène dans laquelle un groupe d’employeurs chinois tabasse leurs travailleurs congolais. Le fait s’est passé sur le site minier du groupe CMOC-KFM à Kisanfu dans la province du Lualaba. Ainsi, l’Observatoire africain des ressources naturelles (AFREWATCH) condamne ces actes de violence. Elle appelle à la protection des travailleurs et au respect des droits humains.
Dans un communiqué de presse publié ce 2 septembre 2026 à Lubumbashi, l’organisation de défense des droits humains dit avoir pris connaissance de ces images avec une profonde indignation. Selon la structure, la vidéo ferait notamment apparaître des ressortissants chinois avec des armes blanches à leurs mains. Ils agressaient physiquement les travailleurs congolais. Les éléments des forces de l’ordre faisaient usage d’armes à feu à balles réelles, souligne le communiqué.
D’après un agent qui a requis l’anonymat, les agents violentés revendiquaient l’amélioration des conditions de travail, notamment l’augmentation de salaire. L’employeur n’a pas bien digéré cela. Il a préféré réprimer les agents par les menaces, ce qui a conduit à la révolte des employés. “C’est notre droit de revendiquer. Mais les Chinois ne veulent pas que nous élevions nos voix. Que le gouvernement nous vienne en aide. Les Chinois violent les droits des Congolais “, déplore-t-il.
AFREWATCH appelle au dialogue social
Selon AFREWATCH, les revendications exprimées par les travailleurs vis-à-vis de leur employeur doivent être considérées comme légitimes. Ces réclamations doivent être examinées dans le cadre d’un dialogue social constructif et respectueux des droits fondamentaux.
L’organisation rappelle par ailleurs que les tensions sociales sur les sites miniers ne peuvent, en aucun cas, justifier des violences physiques, des traitements dégradants ou l’utilisation d’armes à feu contre des travailleurs ou des manifestants.
En outre, AFREWATCH indique que le respect de la dignité humaine et de l’intégrité physique doit demeurer une exigence fondamentale. Le respect des droits de l’homme doit aussi être effectif dans les zones d’exploitation minière où les relations entre employeurs, sous-traitants et travailleurs peuvent parfois être marquées par de fortes tensions sociales.
Une enquête indépendante réclamée
Face aux incidents survenus à la société CECC, AFREWATCH condamne ce qu’elle considère comme des actes de violence à l’encontre des travailleurs, ainsi que le recours à la force létale dans le contexte des revendications sociales. Elle appelle les directions de CMOC-KFM et de CECC à assurer la sécurité des travailleurs et à prévenir de nouveaux incidents.
AFREWATCH réclame surtout l’ouverture rapide d’une enquête indépendante, impartiale et transparente. Ce qui conduira à déterminer les circonstances exactes des événements, à identifier les éventuels responsables pour que les auteurs répondent de leurs actes selon la législation. L’organisation demande également que les victimes bénéficient d’une réparation appropriée.

