Bassin de résidus miniers de TFM : deux versions après l’exercice d’évacuation
Tenke Fungurume Mining (TFM) conteste les accusations de la société civile sur un risque de rupture d’un bassin de résidus miniers près de Manomapia, dans le Lualaba. L’entreprise affirme que l’exercice d’évacuation organisé fin septembre était prévu depuis longtemps. De leur côté, les ONG demandent une inspection indépendante.
Le risque de rupture d’un bassin de résidus miniers de Tenke Fungurume Mining (TFM) oppose l’entreprise à plusieurs organisations de la société civile. Dans un communiqué publié le 14 octobre 2026, ces dernières alertent sur la sécurité des installations situées à Kibalasani, près de Manomapia, dans la province du Lualaba.
Selon les signataires, des agents de TFM auraient informé les communautés, lors de réunions organisées les 23 et 29 septembre, qu’un bassin pourrait céder au début de la saison des pluies. Ils leur auraient demandé de fuir en cas de rupture.
TFM rejette cette interprétation. Dans son communiqué de clarification, l’entreprise affirme que l’exercice d’évacuation organisé fin septembre était « planifié de longue date ». Elle précise qu’il répondait aux pratiques internationales et à ses procédures internes.
TFM affirme aussi avoir informé les communautés dès la mi-août. Selon l’entreprise, les autorités compétentes et les chefs traditionnels avaient été prévenus. Ils avaient également donné leur accord pour l’exercice. “Ces exercices ne signifient nullement que les installations de stockage de résidus miniers présentent un risque de rupture de barrage”, précise l’entreprise. Elle estime que présenter cette simulation comme la preuve d’un danger imminent constitue une “grave déformation des faits“.
La société civile réclame une inspection indépendante
Les organisations signataires contestent cette version. Pour elles, préparer les populations à une éventuelle évacuation ne suffit pas. Il faut aussi prendre les mesures nécessaires pour éviter une défaillance des installations.” L’évacuation est le dernier recours d’un dispositif de prévention, pas une stratégie”, écrivent-elles dans leur communiqué.
Elles craignent qu’une rupture contamine les sols. Ces ONG redoutent également la contamination des rivières, des nappes phréatiques et les terres agricoles dont dépendent les communautés riveraines. Elles demandent à TFM de publier le rapport technique sur l’état du bassin ainsi que son plan d’urgence.
La société civile appelle aussi le gouvernement à envoyer une mission d’inspection indépendante. Elle demande également un audit environnemental sur le bassin et les pollutions antérieures. Enfin, elle souhaite que les conclusions soient rendues publiques et que des mesures correctives soient imposées en cas de manquements

