Alternative DRC Mining Week : la formalisation du secteur artisanal présentée comme une priorité
Ce jeudi 18 juin, en marge de la DRC Mining Week qui se tient àLubumbashi, la société civile a voulu faire entendre sa voix. Ainsi réunis dans le cadre de l’Alternative DRC Mining Week, des représentants de la société civile, des communautés minières et des organisations de développement ont échangé sur l’avenir du secteur minier et plus particulièrement la formalisation du secteur artisanal minier.
Pour les participants, l’exploitation artisanale ne doit plus être perçue comme un problème à gérer. Elle doit être perçue comme un secteur à organiser. “Les communautés et la société civile estiment qu’il faut arriver à formaliser l’artisanat minier”, explique Maître Fabien Mayani du Centre Carter.
Selon lui, les discussions ont montré que cette réforme est devenue une attente pressante des communautés minières. La stratégie nationale actuellement en préparation représente, à leurs yeux, une occasion de mieux encadrer une activité qui occupe une place importante dans l’économie locale.
Des milliers de familles
Dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, l’exploitation artisanale constitue souvent la seule source de revenus pour de nombreuses familles. Pourtant, les creuseurs travaillent fréquemment dans des conditions précaires. L’accès aux sites d’exploitation reste ardu. Les conflits avec les entreprises industrielles sont réguliers. L’encadrement demeure insuffisant. Ainsi, une grande partie de l’activité continue d’évoluer dans l’informel. C’est justement cette réalité que les organisations présentes à l’Alternative DRC Mining Week souhaitent voir changer.
Des coopératives encore fragiles
Pour Christof Kurtz, chef de projet au sein du consortium Madini kwa Amani na Maendeleo coordonné par International Alert, la professionnalisation des coopératives constitue une étape essentielle. “Beaucoup de coopératives aujourd’hui sont encore dans l’informel et ne se conforment pas totalement à la loi”, observe-t-il.
Afin de les accompagner, plusieurs outils ont été développés. Ils doivent aider les coopératives à mieux gérer leurs activités, à respecter les exigences légales et à améliorer leurs pratiques environnementales et sociales. “Ces outils vont aider les coopératives à professionnaliser leur gestion, leur gestion environnementale ainsi que la gestion du personnel”, précise-t-il.
L’objectif est limpide. Permettre aux exploitants artisanaux de devenir des acteurs économiques mieux structurés et mieux reconnus.
Au-delà des débats, la rencontre a également servi de cadre d’échanges entre acteurs venus de différentes régions minières du pays. Pour Christof Kurtz, ces moments restent rares alors que plusieurs provinces font face à des difficultés similaires. “Il y a de rares occasions où l’on se rencontre et où l’on discute. Pourtant, il est important d’apprendre les uns des autres et d’échanger sur les bonnes pratiques », souligne-t-il.
Les participants ont notamment partagé des expériences menées dans l’Est du pays dans le cadre de la formalisation du secteur artisanal.

