Ebola en RDC : l’OMS appelle à une mobilisation urgente

Ebola en RDC :  l’OMS appelle à une mobilisation urgente

Un mois après le début de la riposte contre Ebola dans l’Est de la RDC, les efforts se renforcent. Pourtant, l’épidémie continue de progresser. C’est le constat dressé par Anne Ancia, représentante intérimaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en RDC, lors d’un atelier technique organisé vendredi en marge de la DRC Mining Week.

La réponse avance, mais la situation reste préoccupante “, a-t-elle déclaré. Les chiffres illustrent l’ampleur du  problème. Lorsque les autorités sanitaires ont lancé la riposte, seules trois zones de santé étaient affectées. Aujourd’hui, le virus s’est propagé dans 33 zones de santé. ” Nous en avons dix fois plus qu’au départ “, souligne Anne Ancia.

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Face à cette progression, les partenaires de santé ont multiplié les moyens. Neuf centres spécialisés, représentant plus de 400 lits, accueillent désormais les patients.  Selon Anne Ancia, du personnel formé y travaille dans des conditions répondant aux normes internationales de prévention et de contrôle des infections. Mais pour l’OMS, la bataille contre Ebola en RDC,  se joue avant tout dans les communautés.

Trouver les malades avant qu’il ne soit trop tard

L’un des principaux défis reste l’identification rapide des personnes infectées. Selon Anne Ancia, de nombreux malades se trouvent encore dans les villages et les quartiers touchés. ” Nous avons près de 900 cas confirmés, mais nous savons qu’il y a encore des personnes malades dans les communautés “, explique-t-elle.

Chaque jour qui passe sans prise en charge augmente le risque de contamination. Les équipes sanitaires s’efforcent donc de retrouver les personnes présentant des symptômes et de les orienter vers des centres spécialisés.

Le suivi des cas contacts reste également crucial. Aujourd’hui, environ 70 % des personnes ayant été exposées au virus sont suivies régulièrement. Un chiffre jugé  insuffisant par l’OMS. “Nous voulons atteindre 95 %. C’est à cette condition que nous pourrons réellement interrompre la transmission”, insiste la responsable.

L’espoir malgré les pertes

En depit des des inquiétudes, une lueur d’espoir renait. Dans les centres de traitement, le nombre de patients guéris augmente progressivement, affirme la représente intérimaire. Pour Anne Ancia, ces guérisons sont essentielles pour redonner confiance aux populations. “Ebola peut être guéri lorsque les malades arrivent suffisamment tôt dans les structures adaptées”, rappelle-t-elle.

À ce jour, 78 personnes ont survécu à la maladie. Plus de 200 décès ont toutefois été enregistrés.

L’OMS observe néanmoins que la souche actuellement en circulation semble moins meurtrière que certaines épidémies précédentes. Le taux de létalité est estimé à 23 %, contre 50 à 70 % lors de certaines flambées causées par le virus Ebola de souche Zaïre.

L’absence de vaccin complique la riposte

Contrairement aux dernières épidémies majeures, les équipes médicales ne disposent pas de vaccin. ” Nous avons uniquement des traitements symptomatiques “, précise Anne Ancia.

Pour contourner cette difficulté, des chercheurs préparent des essais cliniques visant à tester une chimioprophylaxie destinée aux personnes ayant été en contact avec des malades. L’objectif est de renforcer leurs défenses immunitaires avant l’apparition éventuelle des symptômes.

Les discussions sont en cours entre le gouvernement congolais, l’OMS et les institutions partenaires afin de lancer ces recherches.

Rompre la chaîne de transmission

Pour Anne Ancia, la priorité reste inchangée. Il s’agit de casser la circulation du virus. Cela passe par la sensibilisation des communautés, le respect des mesures de prévention et la déclaration rapide des symptômes. “La première chose que nous devons faire, c’est rompre la chaîne de transmission “, insiste-t-elle.

Un objectif ambitieux, mais indispensable pour espérer contenir l’épidémie et éviter qu’elle ne gagne davantage de terrain dans l’Est de la RDC.

Cette mobilisation sanitaire s’accompagne désormais d’un engagement financier  du gouvernement congolais . À l’issue d’une réunion du Comité de conjoncture économique, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a annoncé que le gouvernement  de la RDC avait déjà rendu disponible un financement de 50 millions de dollars américains pour soutenir la riposte contre l’épidémie d’Ebola. Cette enveloppe vise à renforcer les capacités de prise en charge, la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts ainsi que les interventions dans les zones les plus touchées.