RDC : 17 risques de corruption identifiés dans la filière cupro-cobaltifère
La corruption demeure un risque majeur dans la filière cupro-cobaltifère en République démocratique du Congo. C’est ce que révèle le premier rapport de diagnostic de corruption dans la filière cupro-cobaltifère du secteur minier en RDC. Ce rapport, publié le 17 juin 2026, est réalisé avec l’appui du Natural Resource Governance Institute (NRGI), ainsi que de l’APLC (l’Agence de protection et de lutte contre la corruption). Il met en évidence 17 typologies de corruption réparties autour de trois domaines jugés particulièrement vulnérables.
Le premier concerne l’octroi des titres, licences et contrats miniers. Le rapport relève notamment une application sélective des procédures, des risques de favoritisme, le versement de commissions occultes, la fraude documentaire et des conflits d’intérêts. L’opacité autour de certains contrats et la faiblesse de la vérification des bénéficiaires effectifs figurent également parmi les préoccupations soulevées.
Le deuxième axe porte sur la gestion des entreprises minières publiques. Le diagnostic pointe notamment le manque de transparence dans certains revenus issus des joint-ventures ainsi que l’utilisation des contrats d’amodiation. Ces pratiques, selon le rapport, peuvent contribuer à une perte de contrôle sur certains actifs et revenus publics.
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Le troisième domaine concerne les impacts sociaux et environnementaux. Il met un accent particulier sur les études d’impact environnemental et social (EIES). Le rapport souligne des insuffisances dans les capacités de contrôle ainsi que des risques de manipulation des données environnementales et de non-respect de certaines obligations envers les communautés locales.
Un enjeu économique majeur
Le diagnostic rappelle l’importance stratégique du cuivre et du cobalt pour l’économie congolaise. En 2023, le secteur minier représentait plus de 95 % des exportations globales du pays, selon les données citées dans le rapport. La production de cobalt place également la RDC au cœur de la transition énergétique mondiale.
Le rapport estime ainsi que les pratiques de corruption ne constituent pas seulement un problème de gouvernance interne. Elles peuvent également affecter les recettes publiques, l’environnement, les communautés locales et la crédibilité de la RDC auprès des partenaires de la chaîne mondiale d’approvisionnement.
Digitalisation et transparence
Face à ces risques, le diagnostic recommande notamment la digitalisation intégrale du cadastre minier, l’audit des flux financiers entre les entreprises publiques, leurs partenaires privés et l’État, ainsi que la divulgation obligatoire des bénéficiaires effectifs des entreprises minières.
Il préconise également le renforcement de la traçabilité de l’exploitation artisanale et l’amélioration des capacités de contrôle environnemental.
Pour les auteurs du rapport, l’enjeu consiste désormais à transformer les avancées législatives et institutionnelles en pratiques effectives. Cela permet d’améliorer la transparence et l’intégrité de la filière cupro-cobaltifère congolaise.
Il sied de noter que le résumé exécutif de ce rapport a été présenté ce vendredi 25 septembre aux journalistes et acteurs de la société civile de Lubumbashi. Pour Me Jean-Claude Katende, président national de l’Asadho, cette étape s’inscrit dans le cadre de la vulgarisation dudit rapport

