Lubumbashi: la société civile veut renforcer le contrôle citoyen sur l’exécution du budget provincial
Le consortium le Congo n’est pas à vendre a organisé, ce jeudi 8 octobre 2026 à Lubumbashi, une assemblée consultative consacrée au budget 2026 de la province du Haut-Katanga. Cette rencontre avait pour objectif de poser les bases pratiques d’un meilleur contrôle citoyen de la gestion des finances publiques provinciales.
Au total, une cinquantaine de personnes ont pris part à cette activité. Parmi elles figuraient des acteurs de la société civile, notamment des représentants d’ONG et de mouvements citoyens, ainsi que des professionnels des médias.
Selon Serge Kambale, directeur de l’organisation Congo nouveau, membre du consortium le Congo n’est pas à vendre, cette rencontre a permis aux participants de mieux comprendre les principaux axes d’un budget et de disposer d’outils pour en suivre l’exécution. Elle a offert un espace qui a permis aux participants de parler de l’exécution du budget, et aussi de connaître les informations budgétaires et non budgétaires qui manquent, a-t-il expliqué.
L’objectif, poursuit-il, est de permettre à la société civile de mieux assurer son rôle dans le suivi citoyen des finances publiques.
Des outils pour suivre l’exécution du budget
Au cours de la rencontre, Trésor, membre du mouvement citoyen Lucha et l’un des deux orateurs, a développé le thème : « Définir les outils pratiques et adaptés pour le suivi citoyen d’un budget. »
Selon lui, le suivi citoyen doit s’appuyer sur des outils accessibles, transparents et participatifs. Il a notamment cité les tableaux de suivi budgétaire, les plateformes numériques de suivi et les fiches citoyennes de vulgarisation. À cela s’ajoutent les mécanismes de signalement et de remontée des préoccupations, les indicateurs de suivi budgétaire ainsi que les espaces de dialogue citoyen.
Cependant, malgré l’existence de ces outils, certaines pratiques continuent de compliquer le travail de la société civile. Serge Kambale estime que l’une des principales difficultés reste l’accès à une information budgétaire compréhensible et exploitable.
Le document du budget 2026 compte, à titre d’exemple, 5 000 pages, ce qui le rend difficile à exploiter pour les citoyens et les organisations de la société civile.
« Notre budget n’est pas pédagogique. Il n’est pas un outil qui peut être utilisé pratiquement. Nous avons réfléchi sur comment mener un plaidoyer auprès de l’Assemblée provinciale pour que le budget puisse être exploitable, compréhensible et accessible à tous », a déclaré Serge Kambale.
La société civile réclame des informations plus détaillées
Outre le volume du document, Serge Kambale déplore également la difficulté d’obtenir certaines informations relatives au budget et à son exécution.
Pour lui, la société civile a besoin de données suffisamment détaillées pour pouvoir vérifier concrètement la réalisation des projets financés par les fonds publics.
« La société civile a besoin des informations agrégées aux projets spécifiques. Par exemple, telle réhabilitation de telle route va coûter autant, pour autant de kilomètres. Une fois les travaux terminés, la société civile peut voir si les kilomètres prévus et la qualité correspondent au montant déboursé », explique-t-il.
Dans cette perspective, l’accès à des informations précises permettrait aux citoyens de comparer les prévisions budgétaires aux réalisations sur le terrain et, le cas échéant, de mener des actions de plaidoyer.
Les députés provinciaux appelés à rendre le budget plus accessible
Le deuxième facilitateur de la rencontre était le député provincial Tomas Lupatapata, élu de la circonscription de Lubumbashi. Il a présenté le thème : « Faciliter une lecture accessible et partagée du budget 2026 de la province du Haut-Katanga. »
Lors des échanges avec les participants, plusieurs questions ont été soulevées. L’une d’elles portait notamment sur les émoluments des députés provinciaux du Haut-Katanga. À cette préoccupation, Tomas Lupatapata n’a pas apporté de réponse.
Pour Agnès Asumani, participante à cette activité, cet épisode illustre les difficultés auxquelles la population est confrontée lorsqu’elle cherche à accéder à certaines informations budgétaires.
Elle estime toutefois que la société civile reste disposée à jouer son rôle dans le suivi de l’exécution du budget, à condition de pouvoir accéder aux documents et aux informations nécessaires.
L’Assemblée provinciale assure que les informations sont disponibles
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De son côté, Tomas Lupatapata a rejeté l’idée selon laquelle l’Assemblée provinciale cacherait les informations relatives au budget. Selon lui, les travaux portant sur le budget sont ouverts au public et les séances plénières sont télévisées afin de permettre à la population de suivre les débats liés à la gouvernance financière de la province.
Il a également rappelé les différentes étapes du processus budgétaire. Celles-ci commencent par l’élaboration du budget, suivie de son exécution, qui comprend notamment le plan de trésorerie et le plan budgétaire. Viennent ensuite le suivi et le contrôle, puis la reddition des comptes.
« Nous demandons à la population de s’associer aux travaux afin d’influencer », a-t-il déclaré.

