AMI 2026 : le Haut-Lomami veut transformer son potentiel minier
Les provinces qui disposent de ressources minières veulent aussi peser dans les décisions sur leur exploitation. C’est le message porté lors de la troisième journée de l’Alternative Mining Indaba (AMI 2026), consacrée à la participation des provinces minières émergentes et de celles confrontées à des situations de conflit dans les discussions sur les partenariats autour des minerais stratégiques.C’est le cas de la province du Haut-Lomami .
Le Kongo-Central, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Tanganyika et le Haut-Lomami ont ainsi eu l’occasion de présenter leurs préoccupations et leurs recommandations. Longtemps peu représentées dans les précédentes éditions, ces provinces ont pu faire entendre leurs voix sur des accords qui engagent pourtant l’avenir de leurs territoires.
Parmi les interventions, celle de la ministre provinciale des Mines du Haut-Lomami, Honorine Lunda, a mis en lumière le décalage entre les richesses du sous-sol et les difficultés auxquelles la province reste confrontée.
Le Haut-Lomami dispose notamment d’opportunités d’investissement dans les filières des minerais 3T (étain, tantale et tungstène) et du lithium. Ces ressources offrent des perspectives de développement, dans un contexte où la demande en minerais stratégiques suscite un intérêt croissant.
Cependant, leur potentiel reste confronté à plusieurs obstacles. L’enclavement de la province, le manque d’infrastructures et les difficultés d’accès à l’emploi pour les jeunes freinent les perspectives de développement. Pour les populations, l’enjeu ne se limite donc pas à attirer des investisseurs. Il faut aussi que l’activité minière produise des changements visibles dans leur quotidien.
Installation des services techniques
À ce sujet, Honorine Lunda a insisté sur plusieurs priorités. Elle a notamment plaidé pour l’installation effective des services techniques de l’administration des mines, le désenclavement de la province et la construction d’infrastructures. La formation des jeunes et la création d’emplois locaux figurent également parmi les attentes exprimées.
La ministre a aussi rappelé les obligations qui incombent aux entreprises minières. Elle a notamment insisté sur le respect du Code minier, particulièrement en ce qui concerne l’exécution des cahiers des charges, la dotation minimale de 0,3 % destinée au développement communautaire et la protection de l’environnement.
Cette intervention remet au centre du débat une préoccupation importante : les provinces qui abritent les ressources minières doivent pouvoir participer aux discussions sur leur exploitation et faire valoir leurs priorités.
La troisième journée de l’AMI 2026 a ainsi permis d’élargir les échanges au-delà des principaux pôles miniers. Les préoccupations présentées par les provinces participantes portent notamment sur les infrastructures, l’emploi, les services administratifs et le respect des obligations des opérateurs miniers. Autant de sujets qui restent au cœur des attentes exprimées par les provinces productrices.

