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Quel  héritage ont-ils légué pour construire la RDC ? MOBUTU : le «  père de l’authenticité ?»

Media Congo

En cette occasion historique de la célébration du 59 ième anniversaire de notre pays, la République Démocratique du Congo(RDC), il nous paraît utile d’ouvrir un pan de l’histoire  durant les six dernières  décennies pour évaluer l’impact idéologique et la contribution de trois personnages très influents de l’histoire politique de notre pays, la RDC,  au développement de celui-ci.  Après Patrice-Emery LUMUMBA,  nous parlons de Joseph Désiré MOBUTU,  le deuxième président de notre pays,  après son accession à l’indépendance.

Président aux multiples surnoms : « Léopard du Zaïre », « Léopard de Kinshasa », « Aigle de Kawele », « Papa Maréchal », « Roi du Zaïre »,  « l’homme au totem léopard », Mobutu  fait partie des « Grands noms » de ces cinquante  dernières années qui couvrent la période postcoloniale. Une sorte d’exceptionnelle curiosité  sur la surface politique congolo-zaïroise sinon africaine.

Son aventure débute en juillet 1960, quand il était devenu  secrétaire d’État du gouvernement indépendant de Patrice-Emery  Lumumba.  L’un des seuls lumumbistes à avoir une  expérience militaire à l’époque, le désaccord entre les différents hommes politiques lui ouvre la brèche pour évoluer  rapidement dans la hiérarchie militaire.

En tant que chef d’état-major, et sous l’influence de l’ambassadeur de Belgique, il fait arrêter et assigner à résidence Lumumba en 1960 et l’accuse de sympathie procommuniste  pour s’attirer le soutien des États-Unis. Un coup réussi avec succès. Ce premier coup d’État du 14 septembre 1960 comptera beaucoup dans les relations entre les Belges et Mobutu. Il met en place un gouvernement temporaire, le Collège des commissaires généraux.

Sous la direction de Pierre Mulele, des rebelles partisans de Lumumba partent en guerre contre Mobutu, mais avec l’aide des États-Unis, Mobutu parvient à reconquérir l’ensemble du territoire avec  l’aide occidentale.  Habilement, MOBUTU s’approprie cette victoire et se fait qualifier  pacificateur et unificateur du territoire.  Il  réorganise l’armée et  mène en novembre  1965 un coup d’État contre Joseph Kasa-Vubu, premier président de l’ancien Congo belge. À l’étranger, la Belgique et les États-Unis sont les premiers à reconnaitre le nouveau président.

À la fin de la première décennie des indépendances, les pays africains ont voulu se démarquer des influences occidentales, cherchant à adapter leurs institutions à l’évolution de la mentalité et aux réalités africaines. Ils vont tenter d’affirmer leur identité propre. Devenue Zaïre, La RD Congo  a ouvert la voie avec sa politique de l’authenticité à la suite de l’idée du nationalisme qui lui était antérieure, bien avant l’indépendance.

Idéologiquement, selon MOBUTU, l’authenticité  est le refus du peuple zaïrois d’épouser aveuglément les idéologies importées et une prise de conscience du peuple zaïrois de recourir à ses sources propres, de chercher les valeurs de ses ancêtres afin d’en apprécier celles qui contribuent à son développement harmonieux et naturel. C’est la prise de conscience de la personnalité profonde du Zaïrois  acculturé par l’Occident.

Toutefois, l’authenticité  s’était  traduite  par des actes spectaculaires  dont principalement  les changements terminologiques (noms des personnes et des lieux) et vestimentaires (abandon du costume et de la jupe).

Dans la pratique de cette idéologie, on se rend compte que MOBUTU a forgé la conscience nationale pour asseoir son pouvoir.
MOBUTU n’était pas un chef naturel d’une tribu envers laquelle les autres manifesteraient aussitôt leur antagonisme. C’était, pour lui, une force dont d’autres, avant lui, ne disposaient pas.
Du fait de l’antagonisme entre grandes tribus, les autres tribus pouvaient accepter son autorité et d’autres pouvaient collaborer, sincèrement ou non, avec lui : il n’appartenait ni aux uns ni aux autres.

Néanmoins, le tribalisme n’a pas disparu totalement bien qu’il fût atténué car  pour conserver son pouvoir, MOBUTU  joua la carte ethnique et celle de l’unification du pays. Il réussit à réunir toutes les tribus en un ‘Parti National unitaire’ dont il était le Président Fondateur. Une  stratégie pour supplanter le tribalisme sur toute l’étendue du territoire national et donna l’impression de créer une conscience nationale.

Quelle a été  la portée pratique de l’authenticité menée par MOBUTU ?

Ayant imposé son pouvoir dictatorial,  l’idéologie de l’authenticité s’est réduite aux manifestations apparentes : révolution terminologique, vestimentaire, musicale, culinaire, sans atteindre l’homme congolais qui ne s’est pas imprégné des valeurs réelles de la culture congolaise. Il ne s’est pas approprié l’héritage des valeurs ancestrales qu’il n’a pas su intégrer dans son agir politique. Bien au contraire, la dictature a remplacé le rôle de garant de la communauté.

A l’instar de LUMUMBA, MOBUTU était partisan d’un Congo unitaire, mais peut-être pas pour les mêmes motifs. Voilà pourquoi l’authenticité n’a pas atteint ses objectifs. Actuellement,  il est un drame de constater que le gouverneur de province doit être originaire de la même  province au détriment de la constitution et des lois du pays, mais on se reconnaît Congolais devant un autre peuple, et surtout quand il est question de préserver l’intégrité territoriale.  La conscience nationale a volé en éclat. Que reste-il de cet héritage de MOBUTU ?

 

 

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