Accueil Education RDC – gratuité de l’enseignement primaire : des défis énormes attendent le gouvernement

RDC – gratuité de l’enseignement primaire : des défis énormes attendent le gouvernement

Ph/Guardia

« Nous avons le plaisir de vous annoncer que l’enseignement Primaire sera gratuit et effectif dès la rentrée prochaine des classes! » a annoncé Tina Salama porte-parole du chef de l’État dans un tweet  hier dans la soirée. Elle annonce également que beaucoup plus des détails  seront donnés par le Ministère de l’Enseignement Primaire Secondaire et Professionnelle. Toutefois, les acteurs du secteur estiment que pour y arriver le gouvernement doit relever des nombreux défis.

En effet,   Si beaucoup ont salué cette  annonce, beaucoup restent sceptique quant à la matérialisation de cette décision.  Des nombreuses questions se posent. Cette gratuité concernera-t-elle uniquement  la prise en charge du minerval qui s’élève à 3000 franc ? Les frais d’appoint seront –ils supprimés ?  Pour  Dieudonné  Masol Team leader éducation et président  du groupe de travail thématique au sein de l’EPSP  au cadre de concertation de la Société civile du Haut –Katanga, Cette gratuité il faut le dire ne  concernera  que les écoles publiques et conventionnées et non les écoles privées qui sont par essence des entreprises commerciales.  Selon le travail fait en amont par les acteurs du secteur, la gratuité concernera les frais directs à savoir ceux fixés par l’arrêté du Gouverneur, le minerval et la Sonas par exemple.

Un budget de près de 3 milliard de dollars …….

Selon le Ministère de l’EPSP,  pour que l’enseignement primaire soit gratuit il faut un budget de base chiffré à 2,9 milliards USD. Le dit Ministère a déjà fait une proposition sur les préalables de son application pour l’année scolaire 2019-2020.  Mais la réalité est telle que le  Budget  est  de 5,9 milliards USD en 2019 et  les dépenses de l’Enseignement primaire et secondaire sont évaluées à 692,9 millions USD,  ce montant ne couvre   même pas la moitié  des dépenses telle que prévues pour la gratuité de l’enseignement primaire.

La gratuité de l’enseignement face au frais d’appoint

Depuis plusieurs années les parents prennent en charge les enseignants en payant des frais  communément appelés FAP ou frais d’appoint.   Selon le team leader éducation du cadre de concertation, les parents prenaient en charge l’éducation à 73 %.  Ainsi pour que l’annonce du gouvernement centrale soit  mise en application, il faudrait que ces frais  d’appoint soient supprimés.  Ainsi les parents pourraient  pousser un ouf de soulagement  en ne paya que des frais indirects à savoir les fournitures scolaires  et autres.

 La mécanisation  des enseignants un autre défis à relever

Selon le site Media Congo, il y a environ 140.269 enseignants non mécanisés et ne reçoivent pas leurs salaires.  Et le Budget  2019 ne prévoit la mécanisation  que de 8.300 enseignants. Pour  Dieudonné Masol cité ci-haut, il faut arriver à mécaniser tous les enseignants pour arriver à l’effectivité de la gratuité de l’enseignement primaire.  Dans le cas contraire les parents continueront à payer  ces enseignants non mécanisés.

Un salaire décent ……

Un enseignant de l’école   (congolais) touchait  entre 130 000 FC en y ajoutant 25 000 franc à partir du mois de juillet, il touchera désormais  et 155 000 francs congolais.  Ce salaire ne lui permet pas de nouer les deux bouts du mois. Grâce à l’accord  parents et enseignants, celui-ci peut toucher 100 ou 200 dollars américains de plus. Si les frais d’appoint sont supprimés, « il faudra améliorer le salaire de l’enseignant «  insiste Dieudonné Masol. Dans le cas contraire cela impactera sur  le bon déroulement de l’Année Scolaire et la qualité de l’enseignement,   ainsi l’on pourra revenir à des périodes des grèves et autres interruption du calendrier scolaire.

Il faut dire que la gratuité de l’enseignement est souhaitée par tous et le gouvernement doit le matérialiser. Pour Dieudonné Masol, la session budgétaire  au parlement qui débutera en septembre  prochain pourra être crucial pour matérialiser la volonté du gouvernement à travers un budget conséquent, car le budget dit-il est l’expression des priorités du gouvernement.

 

 

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